Il faut se mobiliser pour le lycée Darius Milhaud

A l’invitation des enseignants du lycée Darius Milhaud, lycée de secteur de Villejuif, je me suis rendu à la « nuit des lycées » du Val-de-Marne. A travers cette manifestation, les enseignants protestaient contre la réforme des lycées (« réforme Blanquer »). Je voulais mieux comprendre leurs préoccupations et, à travers eux, celles de nos lycéens et de leurs parents. En effet, de prime abord, les intentions de la réforme me paraissaient intéressantes, en finir avec les filières rigides que j’avais connues me paraissait positif.« Tous les élèves suivent des enseignements communs (16 h) et des disciplines de leur choix : les enseignements de spécialité (12 h). Ils permettent d’approfondir ce qui les passionne et ce qui les fera réussir dans l’enseignement supérieur. », dit le site du ministère.

Mais le diable est dans les détails.

Ce qui fait réagir les enseignants de « Darius », comme beaucoup de leurs collèguesd’autres lycées, c’est que la fin annoncée des filières est un vrai faux choix pour les élèves et les familles qui, pour beaucoup, manquent d’information. Parmi les nombreux griefs, j’en retiendrai trois, qui concernent directement la scolarité des lycéens. 

Premièrement, le choix parmi 12 spécialités n’existe pas : à Darius Milhaud, les élèves ne pourront choisir que parmi les 7 spécialités « classiques ». Aucune spécialité « rare » n’est proposée. Bien pire, Darius perd la spécialité « arts » en terminale et l’option euro-allemand. En limitant la gamme des enseignements, on accentue une véritable rupture d’égalité territoriale.

Deuxièmement, en lycée professionnel, les élèves perdent des heures d’enseignement général alors même que ces heures, en français notamment, sont très importantes pour eux. 

Troisièmement, avec la réforme, il n’y aura plus que des classes à 35 élèves (aujourd’hui 4 classes à 35 et 2 à 24 en premières, des classes à 30 en secondes) dans un établissement où de nombreux élèves ont des difficultés et demandent une attention particulière et alors que les enseignants demandent chaque année à ce qu’elles soient allégées. 

Pour moi, les élus de Villejuif devraient se mobiliser d’abord et avant tout pour promouvoirl’enseignement public (la maire d’une ville voisine de Villejuif est allée en personne au rectorat avec des représentants de parents d’élèves défendre son lycée). Au lieu de quoile maire essaie de monter, dans des conditions discutables, des projets qui divisent. A Darius Milhaud, il est indispensable de donner le maximum de chances à une équipe d’enseignants motivés par la réussite intellectuelle et, ultérieurement, professionnelle, de leurs élèves.

Pour ceux qui en veulent plus : voir par exemple le site bien fait du Sgen-Cfdt https://www.sgen-cfdt.fr/dossier/reforme-du-lycee-beaucoup-dincertitudes/.

Alain Weber