Réformons l’office HLM de Villejuif, mais pas n’importe comment !

L’office HLM de Villejuif doit se rapprocher d’autres organismes HLM pour deux raisons

• la nouvelle loi sur le logement oblige les HLM à avoir au moins 12000 logements.

• l’office HLM de Villejuif est trop petit (3200 logements, soit un peu plus d’un tiers du parc HLM de Villejuif).

Ce rapprochement est une bonne chose : l’office fait face à de grosses obligations de rénovation de son parc vieillissant et il n’en a pas les moyens. Mais, pour les locataires actuels et futurs comme pour les Villejuifoises et les Villejuifois, ce rapprochement ne doit pas se faire n’importe comment. 

L’office de Villejuif est déjà en droit rattaché au territoire « Grand Orly Seine Bièvre », même s’il reste en réalité conduit par des élus de la commune. La solution la plus logique aurait donc été que l’office se rapproche de ses voisins : avec Gentilly, Arcueil, Cachan et le Kremlin-Bicêtre, le seuil de 12000 logements était atteint. Mais, pour des raisons politiques, ce n’est pas le choix que la municipalité semble avoir fait. La presse s’est fait l’écho d’un rapprochement avec une filiale de la Caisse des Dépôts, CDC Habitat.

Or, pour nous, il y a trois conditions à un rapprochement :

  • qu’il permette une remise à niveau du parc existant, en particulier la rénovation urbaine des quartiers sud, et qu’il donne les moyens de continuer à construire de nouveaux logements locatifs à des prix maitrisés. 
  • que les Villejuifois aient leur mot à dire sur les grandes décisions, en particulier la vente. Ce patrimoine a été en partie construit avec l’argent des Villejuifois, c’est leur patrimoine commun !
  • que les attributions de logements sociaux se fassent dans la plus grande transparence.

Adossé à une banque publique, CDC Habitat a les reins solides, il peut rénover le parc HLM s’il en a la volonté, c’est-à-dire s’il y trouve son intérêt. Cette société anonyme est un des très gros acteurs nationaux : avec 400 000 logements sociaux, elle est plus de 100 fois plus grosse que l’office ! Comment nos trois conditions vont-elles pouvoir être remplies ? 

• En revanche, si le patrimoine de l’office était purement et simplement vendu à CDC Habitat,, le pouvoir de décision des Villejuifois deviendrait extrêmement faible, voire nul. En particulier, le risque serait grand de vendre des logements HLM sans que d’autres ne soient construits à Villejuif. Le directeur de CDC Habitat s’est fait de longue date le chantre de la vente de logements HLM. Or Villejuif a besoin de logements à loyers modérés. N’oublions pas que ces logements s’adressent à une grande partie de la population : un jeune couple peut y prétendre jusqu’à 4600€ de revenus mensuels (alors que la moyenne des revenus à Villejuif est de 3000€), un couple avec 2 enfants jusqu’à 5500 € de revenu mensuel (alors que la moyenne est à 3600€).

• Enfin, il y a un enjeu politique majeur à ce que les conditions d’attribution des logements soient totalement transparentes, pour perdre de mauvaises habitudes…

Nous faisons deux propositions :

1| L’office HLM de Villejuif doit rester une structure autonome au sein d’une société de coordination créée par la récente loi logement. Les communes y conservent leurpouvoir d’arbitrage et d’intervention, notamment sur les attributions, la politique patrimoniale, l’entretien, la qualité de service et la proximité avec les habitants ;notre préférence va vers une coordination avec les offices publics des villes voisines ;

2| L’office public doit être mis aux meilleurs standards de transparence en matière d’attributions  : système de points clairs et compréhensibles par tous, ouverture au public des commissions d’attributions ou, comme à Bagnolet, avis demandé à une commission municipale de sélection des candidats constituée d’élus de la majorité, de l’opposition, d’habitants tirés au sort et de représentants des associations de locataires avec voix consultative, autant d’exemples déjà mis en place ailleurs qui montrent qu’il est possible de lutter contre le clientélisme.