Réinventons les transports à Villejuif

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Avec trois stations de métro, plusieurs stations de tramway, et un réseau de bus important, Villejuif est au cœur de la Métropole du Grand Paris. L’arrivée prochaine de la ligne 14 et de la ligne 15 à l’horizon de 2024 / 2025 va profondément modifier nos habitudes et nos déplacements en Ile-de-France.

En attendant, le constat est alarmant.

La voiture reste et demeure un moyen de transport très utilisé à Villejuif pour se rendre à son travail ou effectuer ses déplacements quotidiens. Source de nuisances sonores et de pollutions, elle reste pour certains Villejuifois la seule alternative pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour effectuer des trajets courts. L’absence de véritable plan vélo combinée à la saturation de la ligne 7 impose de repenser nos moyens de transports afin d’encourager les transports non polluants et collectifs. 

Le terne bilan de Franck Le Bohellec : une pétition qui fait pchitt, le 131 qui se fait attendre

Vous vous souvenez peut-être, il y a un an et demi, de la pétition proposée par le Maire de Villejuif.

Pour rappel, il dénonçait  » une dégradation notoire des conditions de transports sur la ligne 7. Il demandait ainsi « la mobilisation de tous les Villejuifois pour exiger des réponses et des propositions concrètes. J’appelle l’ensemble des Villejuifois à signer cette pétition qui sera remise à la RATP et à Île-de-France Mobilités. »

Et depuis ? Rien. Il ne s’est rien passé. 

Pourtant, cette pétition avait permis de collecter, d’après le Maire, plus de 10 000 signatures. Pourtant, le maire est membre de la majorité de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile- de- France, qui est aussi présidente d’Ile- de- France Mobilités, ex STIF. Ile-de-France Mobilités est un établissement public placé sous la tutelle de la Région et pourtant, depuis son élection en 2015 au conseil régional d’Ile-de-France, la situation des transports à Villejuif s’est détériorée.

Au-delà de la démarche pétitionnaire qui pourrait s’avérer louable, c’est aussi le caractère cynique de la démarche qui interpelle. Franck Le Bohellec, conseiller régional de la majorité, proche de Valérie Pécresse, met en place une pétition qui n’aboutit à rien. Un coup d’épée dans l’eau à grand renfort de communication. 

Par ailleurs, dans le même temps, la ligne de bus 131 ainsi que la navette de remplacement continuent d’emprunter leurs itinéraires provisoires (à partir de combien de mois le provisoire peut-il être considéré comme permanent ?). Nous aurons l’occasion de vous reparler spécifiquement du sujet, tant il est complexe et génère actuellement des conséquences dramatiques sur les habitants des quartiers desservis par ce bus.

Que peut faire un maire : pas grand-chose et en même temps beaucoup. 

Il ne sert à rien de faire des propositions qui ne seront pas tenues. La ville n’a pas la responsabilité de l’organisation des transports publics. Elle a toutefois la possibilité d’aménager le territoire en fonction de ces réseaux. Aussi, l’arrivée prévue de 20 000 nouveaux habitants ne s’inscrit pas en cohérence avec le calendrier de lancement des nouvelles lignes de métro automatiques. Afin de limiter l’engorgement insupportable de la ligne 7, particulièrement aux heures de pointes, il aurait fallu densifier la ville de manière moins importante et moins vite que ce qui a été fait. 

Deuxième action qui a échoué : le levier de la négociation. En tout état de cause le maire a échoué dans cette entreprise. Il est pourtant plus que jamais nécessaire d’activer ce levier afin de prévoir des mesures d’urgence et de fond pour éviter la saturation de la ligne 7. 

Nos propositions : une méthode

Nous ne proposons pas de solutions clés en main étant donné que nous ne possédons pas les données d’Ile-de-France Mobilités sur le sujet. Mais plusieurs hypothèses peuvent être envisagées et seront successivement développées ci-dessous.

Notre proposition : la mise en place, avec le Kremlin-Bicêtre, d’une vaste consultation dès juin 2020, au lendemain des élections, pour permettre un dialogue entre Ile-de-France Mobilités et les premiers touchés par la saturation de la ligne 7. 

De ce dialogue devra émerger une liste de propositions, budgétisées et qui seront soumises au vote des Villejuifois et des Kremlinois.  

Dans un premier temps, il est fondamental de mettre au meilleur niveau technologique notre ligne de métro.

Saviez-vous que notre métro est équipé d’une technologie informatique datant de 40 ans alors que 9 lignes de métro bénéficient de la technologie la plus à la pointe ? Cette dernière permettrait de faire passer des métros toutes les 90 secondes au lieu des 105-115 secondes actuelles. Cela paraît peu, pourtant cela permettrait d’augmenter de presque 20% le nombre de métros en circulation aux heures de pointe ! 

Dans la même veine, ayons la force de demander que les nouvelles rames de métro (MF19), plus puissantes que les actuelles – qui ont plus de 40 ans là aussi ! -, soient livrées en priorité sur notre ligne. Saviez-vous que les premières rames de MF19 seront livrées dès 2024 mais que la ligne 7 n’en sera pourvue qu’à partir de 2029, c’est-à-dire qu’elle sera la dernière des 16 lignes de métro à avoir des rames neuves et plus performantes ? Cela permettrait pourtant d’augmenter là également le flux de métros.

Enfin, exigeons de la RATP qu’elle rende facilement disponible les données de flux de personnes aux heures de pointe  et adaptons le trafic des branches Villejuif et Ivry en conséquence. Saviez-vous que Villejuif Louis Aragon comptait en 2018 7,5 millions d’usagers annuels, ce qui la place dans le Top 10 (sur près de 250) des stations de métro monolignes les plus engorgées ? Saviez-vous que la branche Villejuif compte 17 millions d’usagers annuels contre 12 millions côté Ivry ? Ne faudrait-il pas adapter le trafic des deux branches en conséquence ?

À plus long terme : étudier la possibilité d’un BHNS pour soulager la Ligne 7

Sur un temps plus long, nous demanderons un rapport d’opportunité sur une mise en place d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) – aussi nommé busway ou transbus – de la gare Louis Aragon à la porte d’Italie.

En dehors du fait qu’elle soit éminemment plus rapide à construire et bien moins coûteuse qu’un tramway (1km de voie de BHNS coûte entre 5 et 8 millions d’euros contre 20 millions pour le tramway), cette solution de transport pourrait permettre, via une voie dédiée, une motorisation respectueuse de l’environnement, et une grande amplitude de service, de soulager le tronçon Villejuif Louis Aragon – Maison Blanche en proposant par ailleurs une solution de transport entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.

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