Municipales à Villejuif : pour une convergence des idées.

Le premier tour de l’élection municipale est prévu le 15 mars prochain. 

Les raisons sont nombreuses pour ne pas renouveler l’équipe municipale sortante : prix des logements qui s’envolent, urbanisme non maitrisé, inaction face aux enjeux écologiques, vie associative et culturelle en berne, atteintes incessantes au droit d’expression qui menacent la sérénité de la vie citoyenne, …

Pour préparer cette échéance, les forces politiques se cherchent. En février, le PS m’a désigné comme son chef de file. Des militants prennent l’initiative de créer une association, Réinventons Villejuif, destinée à ouvrir un dialogue plus large avec les Villejuifois. En neuf mois, de nombreuses idées ont été apportées dans les domaines du logement, de l’écologie, de la petite enfance, de la scolarité, …

Au même moment, sept personnalités de gauche – dont Dominique Girard, conseiller municipal PS – appellent à une réflexion programmatique commune, qui s’est traduite par une réunion, deux ateliers sur cinq thèmes importants pour l’avenir de Villejuif et, récemment, une réunion de restitution. 

Cette démarche souffre cependant de deux défauts. La première tient à la composition même des signataires : toutes les forces de progrès n’y sont pas représentées. La seconde tient à l’ambigüité même de l’appel : s’agit-il d’une démarche programmatique, permettant de débattre de l’importance des problèmes et d’amorcer des solutions communes, ou s’agit-il de constituer une liste unique ?

Pour nous, la démarche programmatique est un préalable. C’est pourquoi nous appelons toutes les forces de progrès à être parties prenantes de cette réflexion commune. Déjà, à notre initiative, les partis de gauche et écologistes se sont rencontrés. Mais les discussions ne doivent pas se limiter aux seuls partis : la participation de citoyens et de représentants d’associations est indispensable. 

L’objectif est d’identifier les principaux points de convergence, mais aussi les différences voire les divergences, pour proposer des actions développant des perspectives nouvelles.

Dans le meilleur des cas, cette réflexion commune permettrala constitution d’une liste progressiste unique au premier tour. C’est cette solution que soutient prioritairement Réinventons Villejuif. 

Cela suppose cependant que soit réglée l’épineuse question de la tête de liste. Nous sommes favorables à un processus transparent et démocratique de désignation, car aucun chef de file ne s’impose à l’évidence, compte tenu des bouleversements du paysage politique local et national au cours de la période récente. 

Si l’union de toutes les forces progressistes n’était pas possible au premier tour, chacun voulant se compter, alors,nous aussi, nous proposerons nos idées aux Villejuifois. 

Les discussions préalables n’auront pas été inutiles : elles serviront de bases à une majorité solide, à l’inverse de la coalition hétéroclite victorieuse en 2014, qui a rapidement éclaté et se déchire publiquement aujourd’hui. 

Construisons ensemble une ville pour tous, plus écologique, solidaire et démocratique.

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Alain Weber

Faire de Villejuif une ville qui nous rassemble et nous ressemble

Alain Weber

Fruit d’un développement urbain d’une rare ampleur, Villejuif va voir sa population passer de 50 000 à 80 000 habitants dans les quinze prochaines années. Cette transformation massive doit se faire, plus qu’aujourd’hui, avec les Villejuifoises et Villejuifois, car elle pose des questions cruciales.

Acteur engagé dans la ville, socialiste et écologiste, je propose ma candidature à tous ceux qui estiment que la ville a besoin de profonds changements, à la fois dans les politiques mises en œuvre et dans la manière dont elles sont élaborées.

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A la recherche d’une politique jeunesse digne de ce nom

La politique de jeunesse de la municipalité actuelle participe plus d’une politique d’offre de loisirs médiatisée qui n’irrigue pas le terrain, les quartiers, que d’une politique d’accompagnement des jeunes à leur insertion sociale, citoyenne, professionnelle et de prévention contre les dérives qu’ils peuvent rencontrer dans leur parcours.

On ne constate plus de présence dans les quartiers, c’est une politique jeunesse de « centre-ville » qui est mise en œuvre aujourd’hui. Il n’y a pas d’appropriation possible par les jeunes des quartiers, ils ne sont pas bénéficiaires ni associés.

Les structures ouvertes qui accueillaient les jeunes ont fermé les unes après les autres, or ce sont des lieux de rencontre pour l’accompagnement des jeunes et également des antennes capteurs en matière de prévention de la délinquance notamment.

On constate qu’il y a peu de consultation, pas de citoyenneté active, que les instances paritaires sont peu actives et peu efficientes. En effet, les réunions de l’ensemble des acteurs (éducatif, associatif, police…) dans les quartiers pour maintenir le lien social, assurer une forme de prévention ne se tiennent plus, or la mobilisation de tous les acteurs est nécessaire.

Il faut accompagner les jeunes dans leurs projets en impliquant les parents, les bénévoles, via du tutorat par exemple. Il faut également les inciter à s’engager de manière citoyenne au service de la cité, de la solidarité collective.

Pour Réinventons Villejuif, il faut décloisonner les logiques d’action et agir sur tous les terrains concomitamment : éducatif, social, culturel, sportif… 

RéV

Laïcité et vivre ensemble : les responsabilités d’un maire.

Attentat à la mosquée de Bayonne, profanation de la mosquée de Bergerac, agression d’une femme voilée par un élu du Rassemblement national, libération d’une parole haineuse dans certains médias…Une fois passée l’émotion légitime, quelles peuvent être les réponses politiques à ce climat délétère, et pour, tout dire, profondément inquiétant ? Et, plus précisément, puisque nous sommes en campagne pour les élections municipales, quelles sont les réponses qu’un maire peut apporter ?

D’abord : tout faire pour éviter que ce climat nauséabond ne s’installe dans notre cité.
Villejuif est une ville ouverte sur le monde, riche de sa diversité… Et doit le rester. Face à un tel climat de tension, le premier magistrat d’une ville ne peut rester silencieux. L’onde de choc générée par l’attaque à la mosquée de Bayonne a été considérable dans notre ville, comme dans le pays tout entier : il aurait par exemple été judicieux d’organiser un rassemblement devant la Mairie, notre Mairie – nous l’avons bien fait pour la mort de personnalités telles que Johnny Halliday – pour marquer à la fois notre indignation, et notre solidarité envers les victimes de cet attentat à Bayonne, qui aurait pu être bien plus dramatique encore.

J’ai été interpellé par plusieurs Villejuifois de confession musulmane, inquiets devant un montée de manifestations d’hostilité (certains m’ont parlé d’insultes, parfois même de crachats ou de menaces physiques !). La responsabilité d’un maire est donc de sensibiliser, et surtout d’alerter sur les risques que d’aucuns font peser sur la paix civile en stigmatisant, à dessein, certains de nos concitoyens sur le seul critère de leur religion ou de leur origine. J’aurais aimé que notre maire transmettre plus de signes en ce sens…  En ces temps troubles, les symboles ont leur importance.

Ensuite : un maire doit réaffirmer la loi et la faire respecter dans les contraintes qu’elle impose et dans les libertés qu’elle autorise. Il doit faire respecter l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public villejuifois, comme garantir avec la même fermeté aux femmes musulmanes son soutien dans l’exercice de leurs libertés dans l’espace public villejuifois. J’en suis convaincu, compte-tenu de la complexité et de la sensibilité de ces débats, seul le respect de la loi peut nous permettre de dépasser nos appartenances culturelles ou cultuelles distinctes et de mettre le vivre ensemble au cœur de nos aspirations.

N’instrumentalisons pas la laïcité

Ne l’oublions jamais : la laïcité telle que définie dans la loi de 1905 est un compromis, garantissant dans son article 1er  sans la moindre ambigüité « la liberté de conscience » et «le libre exercice des cultes ».

Que ces notions signifient-elles ? Cela signifie que chacun, quelle que soient ses croyances, qu’il soit athée, agnostique, chrétien, musulman, juif, bouddhiste est libre de croire ou de ne pas croire et d’exercer son culte.

Dévoyer la laïcité pour en faire une arme antimusulman est donc une imposture historique. C’est la raison pour laquelle j’ai été extrêmement choqué par les injonctions – venues de l’extrême droite, mais pas seulement ! – visant à interdire les signes religieux pour les personnes accompagnant les sorties scolaires.

Un tel débat n’a pas de sens : la loi est à ce titre très claire et doit être respectée strictement. La loi de 1905 exige la neutralité des agents du service public et non la neutralité des usagers du service. Cela implique donc de vérifier si une femme portant le voile peut être considérée comme un agent du service public. Or, ce n’est aucunement le cas. Le Conseil d’Etat a d’ailleurs rendu en 2003 une étude extrêmement claire à ce sujet.[1]

Je suis d’ailleurs tout autant révulsé par le fait qu’une sœur catholique se soit vue refuser une place en maison de retraite à cause de son voile.

Le port du voile, quel que soit son avis, est du domaine de l’intime et non de l’Etat.

C’est également la raison pour laquelle j’ai été gêné par certains mots d’ordre présentant les lois laïques en vigueur comme « liberticides ». Je ne considère absolument pas que des lois consacrant la neutralité religieuse à l’école ou encore interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public soient liberticides, même si je peux concevoir qu’un tel débat puisse avoir lieu.

Je refuse que la laïcité soit utilisée stratégiquement par des organismes religieux confondant sciemment racisme avec la remise en cause de notre laïcité.

En fait, je pense que l’édifice constitué par les lois actuelles est fragile, mais qu’il est le meilleur garant de l’équilibre pour tous les citoyens. Il garantit la liberté de tous les cultes, ainsi que celle de ne pas croire : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » (article 1er de la loi de 1905).

Cet édifice législatif permet aux communes, « dans le respect du principe de neutralité à l’égard des cultes et du principe d’égalité », de louer un terrain à un loyer symbolique à une association cultuelle pour qu’elle construise un lieu de culte. Car, exercer son culte ne peut se faire dans la rue ou caché au fond des caves.

Permettre à chacun d’avoir un lieu pour prier, c’est faire esprit de concorde. C’est permettre à chacun le respect de ses croyances et donc de sa dignité. Tout comme les associations doivent avoir des locaux pour se réunir, des fidèles doivent pouvoir prier dans des locaux adaptés et à l’abri des prêcheurs de haine.

Enfin, il ne faut pas oublier que notre République a inscrit au fronton de nos maires et de nos écoles la fraternité. Comme une exigence unissant tout citoyen à un devoir de dialogue et d’entraide.

ALAIN WEBER.


[1] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_avis_20130909_laicite.pdf

Faire du sport un levier central de cohésion sociale pour la ville

En matière de sport, ce qui est affiché de manière communicante sur le site de la ville semble dithyrambique : une offre d’activités riche, des manifestations sportives nombreuses, de nouveaux équipement en construction, … mais ne semble pas refléter la réalité de la situation à Villejuif.

Le fait est que cette municipalité soutient plus le sport d’élite, au détriment du « sport pour tous ». Les jeunes « champions » sont des modèles, des « locomotives » pour l’ensemble des jeunes qui peuvent se projeter et être tirés vers le haut. Néanmoins, cet accent mis sur le sport d’élite ne doit pas circonscrire l’action d’une municipalité dans le domaine, le sport doit être accessible à tous et en particulier aux jeune, aux anciens, aux malades…

Le sport doit être pensé comme un facteur de cohésion sociale pour la ville, le sport fait société.  

#RéV

A l’heure où la pratique libre explose et que les salles de sport privées ouvrent partout pour répondre au besoin des « consommateurs », on constate une perte de la qualité de la pratique non encadrée et de la cohésion sociale. Le sport peut avoir un rôle fondamental dans le cadre de pratiques éducatives, en faveur de l’émancipation, de la vie collective, du dépassement de soi des jeunes. Or, la municipalité n’a pas d’ambition éducative par le sport. La politique associative sportive doit être soutenue.

La collectivité devrait être un moteur pour le développement du sport à tous les niveaux sur le temps périscolaire, pour le développement du multisport pour les jeunes dans les quartiers notamment, pour le développement du sport santé, mais aujourd’hui rien n’est fait de manière cohérente avec les éducateurs des clubs.

Pour Réinventons Villejuif, un état des lieux est nécessaire, il faudra revivifier le tissu bénévole dans les clubs et associations et penser le sport dans toutes ses dimensions au bénéfice de la collectivité.

Liste citoyenne : nos convictions.

Texte collectif

Les forces de gauche, progressistes et écologistes, sont à la croisée des chemins. La crise écologique et démocratique actuelle nous oblige à renouveler en profondeur les pratiques, au risque de disparaître. Les citoyens ne supportent plus, et à raison, certaines dérives de la politique : jeux d’appareils imposant leurs calculs opportunistes, rapports de force, parfois intimidations. 

La sociologie de Villejuif elle-même a changé. Notre ville évolue, accueille de nouveaux habitants. Les ordres de priorité changent. Des quartiers entiers se sentent délaissés et veulent faire entendre leur voix. Une exigence écologiste émerge enfin face à l’inertie de nos responsables politiques. Tout ce qui a permis une gauche stable par le passé (avec, dans notre ville, un PCF fort) est désormais remis en question. 

Cette nouvelle donne nous oblige à sortir de nos vieux réflexes, et surtout de nos zones de confort respectives. Autrement dit : nous ne pouvons pas nous permettre de rejouer le match de la précédente élection municipale de 2014, avec les mêmes acteurs et les mêmes discours, comme si celle-ci n’avait été qu’un banal « accident » de parcours. Le risque est connu : laisser durablement notre ville dans les mains d’un maire cynique, au détriment de la diversité des habitants, mais aussi de notre environnement. Notre priorité : battre la droite décomplexée incarnée par le maire sortant.

« Construire une ville solidaire, écologique et réellement démocratique. »

Il ne s’agit donc pas donc de « reprendre la ville » (bien étrange formule au passage), mais bien d’écrire une nouvelle page pour et avec les Villejuifoises et les Villejuifois. Un travail patient de reconstruction du lien social et politique est nécessaire, au plus près des citoyens, et au-delà des seuls partis politiques. Notre conviction est intacte : face à un maire en roue libre, utilisant tous les moyens de la commune au seul profitd’un projet politique d’urbanisation à outrance, de logements inaccessibles aux revenus moyens et modestes, et d’une privatisation des services publics, seule une large union des forces de gauche, progressistes et écologistes nous permettra de l’emporter. Cela suppose la construction d’une liste commune, avec une tête de liste. Nous l’avons déjà dit : nous sommes favorables à un processus transparent et démocratique de désignation, car aucun chef de file ne s’impose à l’évidence, compte tenu des récents bouleversements du paysage politique local comme national.

Si tout reste ouvert, nous tenons ici à poser les conditions nécessaires à la réussite d’un tel projet.

1/ Affirmer fortement nos valeurs.

Trois valeurs principales devront nous servir de boussole : respect, écoute, transparence.

Le respect doit redevenir la norme : respect des citoyens et de leurs associations, des agents de la ville, respect de la parole donnée, tolérance vis-à-vis des opinions, des croyances, des convictions. L’écoute est indispensable, aussi bien dans la relation aux habitants que pour l’efficacité de l’action publique. Enfin, la transparence est aujourd’hui encore plus qu’hier une exigence des citoyens : transparence dans les attributions de logements sociaux, de places en crèches, mais aussi dans les comportements et les règles de fonctionnement de la future municipalité, qui pourront s’inspirer des « 30 propositions pour des communes plus éthiques » de l’association Anticor.

2/ Faire de l’urgence climatique « la » priorité programmatique.

La liste d’union que nous appelons de nos vœux – et en premier lieu, son chef de file – doit refléter l’ambition écologique qui est la nôtre. L’urgence climatique exige en effet de mener des transformations radicales pour notre ville : développement ambitieux des alternatives à la voiture, lutte contre la ségrégation urbaine qui oblige les salariés à vivre toujours plus loin, lancement d’opérations de désimperméabilisation (dans les écoles par exemple), création de nouveaux espaces verts, augmentation de la biodiversité au sein des espaces verts existants, généralisation du bio et des circuits courts dans des cantines scolaires sans plastique, mise en place d’une grande politique de réduction des déchets… Les pratiques de la municipalité devront également changer : cahier des charges environnemental exigeant auprès des prestataires de la ville, sensibilisation des agents à l’écologie pratique, rénovation thermique des bâtiments, etc.  Autant d’actions concrètes permettant de faire de Villejuif une ville réellement respectueuse de l’environnement et de la santé de ses habitants.

3/ Faire de Villejuif une ville accueillante pour tous.

La position de Villejuif au sein du grand Paris est une source de dynamisme dont notre ville peut tirer parti si elle le maitrise. Le phénomène de métropolisation, accentué par l’arrivée prochaine des lignes 14 et 15, nous impose de construire Villejuif avec tous. Villejuif ne doit pas devenir une ville dortoir, où ceux qui travaillent ne peuvent plus vivre du fait d’une montée des prix devenue insupportable. Notre enjeu est de conserver la richesse de la diversité des Villejuifois et de faire en sorte que le Villejuif de demain reste ouvert à tous, quelle que soit sa condition sociale et ses revenus.

4/ Refléter pleinement la diversité des habitants .

Cette liste doit également être le reflet de la diversité de la ville, et donc de ses habitants. Les « nouveaux arrivants », souvent traités avec mépris, doivent être représentés. Des jeunes doivent y être en situation éligible. Le nord comme le sud de la ville doivent impérativement être représentés, face à la politique du « tout centre-ville » qui a dangereusement fracturé la cohésion territoriale de notre ville. Le tissu associatif (associations culturelles, sportives) doit être revivifié et soutenu, il est une part importante de notre vie collective et peut jouer un rôle éducatif essentiel, notamment vis-à-vis des jeunes.

5/ Renouveler.

Si la participation d’élus, d’anciens élus – voire de citoyens inscrits de très longue date dans la vie politique villejuifoise – est clairement indispensable, l’équipe municipale sera d’autant plus forte qu’elle alliera renouvellement, expérience et rapport à l’histoire de la ville. Le renouvellement n’est pas une option, ou un slogan clinquant sur papier glacé, mais un impératif. La liste que nous appelons de nos vœux – et tout particulièrement son chef de file – doit symboliser cette demande de renouvellement, dûment souhaité par les habitants, elle ne pourra donc être menée par un élu ayant directement permis l’installation du maire actuel. 

6/ Tourner la page des rancœurs, dépasser les vieux clivages.

L’union municipale (LR/UDI/Divers Gauche/EELV), élaborée en 2014 et rapidement devenue caduque, a généré des rancœurs encore tenaces dans notre ville. Parce que l’avenir de Villejuif ne peut en aucun cas être compromis par le poison de la division, il nous semble impératif de dépasser ces clivages et de rassembler toutes les forces écologistes, sociales et de progrès..

Pour une (réelle) démocratie participative à Villejuif !

Dans les differentes publications de la Mairie, dont le Villejuif notre ville de mars, le maire s’est félicité de la tenue des « débats expresso » : « Au total près de 500 participants, plus de 100 participants en ligne ». Bien sûr, on peut se féliciter de la tenue de ces réunions. Mais le résultat est-il à la hauteur de ce qui est annoncé ? Certainement pas. Il suffit d’aller sur le site de Cachan, qui a mené une démarche similaire de consultation (pas étonnant, nous sommes à quelques mois du moment où toutes ces dépenses risqueraient d’être imputées aux comptes de campagne…). Dans une ville deux fois plus petite que Villejuif, 8 réunions, comme à Villejuif, ont réuni 1800 habitants, soit près de 4 fois plus qu’à Villejuif. Pour la réunion de restitution, 400 participants réunis dans un gymnase : ceux qui ont participé à la triste réunion de restitution du 15 février, sans aucune prise de parole de citoyen, feront la différence, les autres pourront se reporter au VNV de mars où, suprême paradoxe, le seul citoyen de Villejuif qui soit à l’image est… le maire !

Alors, les Villejuifois seraient-ils huit fois moins avides de débats que les Cachanais ? Non, bien sûr. Il y a des explications à cet échec :

1/ les débats à Villejuif se tenaient tous le samedi matin dans une école du centre-ville, ceux de Cachan se sont tenus dans 8 quartiers différents, à 20h en semaine sauf une fois un samedi matin

2/ Les sujets abordés au cours des réunions villejuifoises étaient préparés préalablement avec le cabinet conseil recruté par la ville, alors qu’à Cachan une journée entière a été consacrée à des ateliers de propositions thématiques

3/ le cabinet conseil a fait honnêtement son travail, mais il a été présenté comme le « tiers de confiance », ce qu’un prestataire rémunéré ne peut absolument pas être !

4/ À Villejuif, au cours de la réunion de restitution, seul le cabinet conseil a présenté une synthèse des débats, alors qu’à Cachan ce sont les citoyens eux-mêmes qui ont présenté les propositions

5/ À Villejuif, le maire déclare : « sur la base du budget voté en décembre, nous allons réfléchir à mettre en œuvre dès cette année certaines propositions qui ont émergé lors des débats » ; à Cachan, la maire a fait une liste de 30 engagements issus des dialogues, et fixé un rendez-vous en septembre pour faire le bilan des engagements qui auront été réalisés.

Un constat d’autant plus amer que nombre d’instances de consultation existantes aujourd’hui ne sont que vitrines… Exemple du conseil des crèches, qui ne se réunit qu’une fois par an, avec des représentants des parents élus pour une année… Résultats: pas de compte rendu, pas de suivi, pas de réponse, zéro prise en compte des remarques et propositions des parents. Et la mairie organise dans le même temps un débat expresso sur la petite enfance…

Pour l’avenir, il ne s’agit pas de copier ce qui a pu marcher ailleurs, mais de s’inspirer des bonnes pratiques.  Et la marge de progression est importante !

Proposition : nous proposons de mettre en débat la création d’un conseil de développement de Villejuif, dispositif permanent de participation citoyenne aux meilleurs standards : constitué de citoyens bénévoles, pour partie tirés au sort, pour partie représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs, dont le statut associatif garantirait l’indépendance.

Réformons l’office HLM de Villejuif, mais pas n’importe comment !

L’office HLM de Villejuif doit se rapprocher d’autres organismes HLM pour deux raisons

• la nouvelle loi sur le logement oblige les HLM à avoir au moins 12000 logements.

• l’office HLM de Villejuif est trop petit (3200 logements, soit un peu plus d’un tiers du parc HLM de Villejuif).

Ce rapprochement est une bonne chose : l’office fait face à de grosses obligations de rénovation de son parc vieillissant et il n’en a pas les moyens. Mais, pour les locataires actuels et futurs comme pour les Villejuifoises et les Villejuifois, ce rapprochement ne doit pas se faire n’importe comment. 

L’office de Villejuif est déjà en droit rattaché au territoire « Grand Orly Seine Bièvre », même s’il reste en réalité conduit par des élus de la commune. La solution la plus logique aurait donc été que l’office se rapproche de ses voisins : avec Gentilly, Arcueil, Cachan et le Kremlin-Bicêtre, le seuil de 12000 logements était atteint. Mais, pour des raisons politiques, ce n’est pas le choix que la municipalité semble avoir fait. La presse s’est fait l’écho d’un rapprochement avec une filiale de la Caisse des Dépôts, CDC Habitat.

Or, pour nous, il y a trois conditions à un rapprochement :

  • qu’il permette une remise à niveau du parc existant, en particulier la rénovation urbaine des quartiers sud, et qu’il donne les moyens de continuer à construire de nouveaux logements locatifs à des prix maitrisés. 
  • que les Villejuifois aient leur mot à dire sur les grandes décisions, en particulier la vente. Ce patrimoine a été en partie construit avec l’argent des Villejuifois, c’est leur patrimoine commun !
  • que les attributions de logements sociaux se fassent dans la plus grande transparence.

Adossé à une banque publique, CDC Habitat a les reins solides, il peut rénover le parc HLM s’il en a la volonté, c’est-à-dire s’il y trouve son intérêt. Cette société anonyme est un des très gros acteurs nationaux : avec 400 000 logements sociaux, elle est plus de 100 fois plus grosse que l’office ! Comment nos trois conditions vont-elles pouvoir être remplies ? 

• En revanche, si le patrimoine de l’office était purement et simplement vendu à CDC Habitat,, le pouvoir de décision des Villejuifois deviendrait extrêmement faible, voire nul. En particulier, le risque serait grand de vendre des logements HLM sans que d’autres ne soient construits à Villejuif. Le directeur de CDC Habitat s’est fait de longue date le chantre de la vente de logements HLM. Or Villejuif a besoin de logements à loyers modérés. N’oublions pas que ces logements s’adressent à une grande partie de la population : un jeune couple peut y prétendre jusqu’à 4600€ de revenus mensuels (alors que la moyenne des revenus à Villejuif est de 3000€), un couple avec 2 enfants jusqu’à 5500 € de revenu mensuel (alors que la moyenne est à 3600€).

• Enfin, il y a un enjeu politique majeur à ce que les conditions d’attribution des logements soient totalement transparentes, pour perdre de mauvaises habitudes…

Nous faisons deux propositions :

1| L’office HLM de Villejuif doit rester une structure autonome au sein d’une société de coordination créée par la récente loi logement. Les communes y conservent leurpouvoir d’arbitrage et d’intervention, notamment sur les attributions, la politique patrimoniale, l’entretien, la qualité de service et la proximité avec les habitants ;notre préférence va vers une coordination avec les offices publics des villes voisines ;

2| L’office public doit être mis aux meilleurs standards de transparence en matière d’attributions  : système de points clairs et compréhensibles par tous, ouverture au public des commissions d’attributions ou, comme à Bagnolet, avis demandé à une commission municipale de sélection des candidats constituée d’élus de la majorité, de l’opposition, d’habitants tirés au sort et de représentants des associations de locataires avec voix consultative, autant d’exemples déjà mis en place ailleurs qui montrent qu’il est possible de lutter contre le clientélisme.

Les Villejuifois doivent reprendre la main sur le développement de leur ville

Savez-vous que la population de Villejuif diminue ? ça a l’air d’une blague, et pourtant les derniers chiffres de l’Insee, publiés le 27 décembre, sont formels : Villejuif est l’une des rares villes du Val-de-Marne dont la population a diminué entre 2015 et 2016 : nous étions 56660 habitants en 2015, nous sommes 865 habitants de moins en 2016.

Ces chiffres vont à contresens des années précédentes, et surtout de notre intuition quand on voit le nombre de grues qui hérissent Villejuif. Ils doivent interroger notre regard sur notre ville, pour mieux nous amener à agir pour la ville que nous voulons.

Accueillir de nouveaux arrivants est une chance pour la ville. Cette dynamique, c’est davantage d’animation, des enfants dans nos écoles, la perspective d’avoir des commerces, des services, une vie culturelle et associative qui se développent. Mais, et ce à quoi les chiffres de la baisse de population doivent nous amener à réfléchir, si ce n’est pas maitrisé c’est aussi la difficulté pour les revenus moyens de continuer à habiter à Villejuif quand la famille s’agrandit par exemple, ou de s’installer pour de jeunes couples. En 2016, ceux qui sont partis ont été plus nombreux que ceux qui sont arrivés. Sont-ils partis volontairement, ou bien ont-ils été repoussés plus loin de Paris par la hausse des prix des logements et des loyers ?

Ce que nous proposons, à Réinventons Villejuif, c’est que les citoyens de notre ville reprennent la main sur son développement. Aujourd’hui, où sont les lieux où l’on peut débattre de l’ensemble des projets qui vont transformer notre ville comme jamais depuis un siècle ? Pas le conseil municipal, le maire a décidé de ne plus y présenter les permis de construire. Pas dans les réunions publiques, elles sont éparpillées façon puzzle. Il y a bien enfin une maison des projets pour la rénovation urbaine dans les quartiers sud : sa création est la stricte application de la loi, mais les horaires la rendent inaccessible à ceux qui travaillent.

Je propose la création d’une maison des projets pour l’ensemble de Villejuif, ouverte aux horaires qui permettent de toucher la population, y compris en soirée pour des débats avec des urbanistes, des architectes, des promoteurs… Et qu’on ne vienne pas dire que ça coute cher : je suis sûr que, comme ça se fait ailleurs, des permanences pourraient être assurées par des étudiants en architecture, en sociologie urbaine, que des maquettes numériques pourraient être faites par les étudiants en école d’informatique, que des bénévoles pourraient se mobiliser. Quant aux locaux, ne trouvez-vous pas qu’il y a trop de pieds d’immeubles vacants depuis trop longtemps en plein cœur de ville ?

Ce que nous voulons aussi mettre en débat, c’est le rôle de la ville dans la maitrise des différents types d’habitat. Aujourd’hui, le déséquilibre est devenu trop grand en faveur du logement privé, dont les prix s’envolent. Or une ville, même quand elle fait partie d’un ensemble plus vaste, peut être maitresse des équilibres et des rythmes. Elle peut œuvrer pour développer du locatif à loyer intermédiaire entre le logement social et le marché, elle peut encourager l’accession sociale à la propriété. Elle peut surtout développer un habitat à loyer modéré (c’est ce que signifie HLM !) dans toute sa diversité urbaine (petits immeubles bien insérés) et sociale. Le logement HLM s’adresse potentiellement à une grande majorité de ménages, et pas seulement les plus modestes : vous avez droit à un logement HLM jusqu’à 2 Smic si vous êtes célibataire, 3,5 Smic un jeune couple sans enfants, 4,5 Smic un couple avec deux enfants. Nous proposons de lancer un débat sur les équilibres que nous voulons entre différentes catégories de logements pour engager avec nos voisins une révision du plan d’urbanisme (PLU) et du programme d’habitat (PLH).

Enfin, nous demandons également un vrai débat sur l’avenir de notre office HLM. Il doit se moderniser, c’est sûr, et pour cela se regrouper. Mais, alors que les HLM de Villejuif appartiennent déjà pour deux tiers à des sociétés HLM privées qui n’ont pas leur siège à Villejuif, les citoyens de Villejuif ne doivent pas perdre la main sur ce qui est leur patrimoine commun.

Equilibre et maitrise par les citoyens : on en revient toujours là.

Alain Weber

Se soigner à Villejuif ou le parcours du combattant

Par Malika.

Parcours du combattant. L’expression peut paraitre exagérée mais pour se soigner dans notre ville (comme dans beaucoup d’autres certes) et lorsque l’on tient au service public, il faut effectivement s’armer de patience, de sang-froid et d’internet…parce qu’au téléphone çà ne répond pas…

Internet présenté comme la solution miracle pour la prise de rendez-vous avec les praticiens de nos centres de santé municipaux : CMP Pierre Rouquès, Centre dentaire Danielle Casanova et Annexe Pasteur  tels que nous les présente Doctolib. Quelle chance pour Villejuif se dirait-on ! Sauf que la réalité est que si effectivement les généralistes et spécialistes du CMP sont bien présentés,  il n’y aucune proposition pour un dentiste et les consultations au niveau de l’annexe Pasteur se comptent sur les doigts d’une main et avec des délais d’attente plus importants.

Alors certes, à partir du moment où on est « connecté », et là je pense en particulier à ceux qui ne le sont pas, nos plus anciens ou encore aux personnes qui n’ont pas d’internet à domicile (et oui il y en a encore…), il est tout à fait possible de prendre rendez-vous en ligne avec certains praticiens, mais pas tous… Et pourquoi donc ? Certains médecins s’opposeraient-ils à ce nouvel outil ?

De même, il est impossible, bien que cela soit proposé par le site, de prendre un rendez-vous pour une première consultation ; quelle déception quand les deux charmants personnages médecins de Doctolib vous répondent : « Désolé, la réservation est impossible ». Donc si on est nouvel arrivant à Villejuif ou si on vient de tomber malade et qu’on a besoin d’un spécialiste, c’est impossible…

En effet, certaines spécialités ne sont pas proposées : pourquoi est-il impossible de prendre un rendez-vous pour une mammographie par exemple ? 

Toutes les autres spécialités en radiologie sont proposées, pourquoi pas celle-ci qui concerne toutes les femmes au titre de la prévention. Idem pour l’ophtalmologie qui a été rayée des consultations disponibles : suivie depuis des années au CMP, lorsque l’ophtalmologue m’a annoncé son départ à la retraite, elle m’a remis mon dossier en m’indiquant qu’elle ne savait pas si elle serait remplacée et m’a même conseillé de me tourner vers un praticien du privé ! J’ai eu de la chance d’en trouver un, malgré mon sens du service public et malgré les délais d’attente qu’on connait en particulier dans cette spécialité.

Alors on peut toujours nous dire que l’offre est importante, qu’on peut prendre rendez-vous aisément via le net, et annoncer une maison de la santé universitaire en 2021 (mais au fait quel statut pour celle-ci ? public ? mixte ?) mais si on veut être soigné aujourd’hui, rapidement et par le service public à Villejuif, force est de constater que cela est loin d’être aussi aisé que de le dire.

Alors oui, sans doute faut-il encourager l’installation de praticiens libéraux à Villejuif comme ailleurs, mais il faut surtout maintenir un service public de la santé de qualité, accessible à tous et complet avec du matériel modernisé. Nous ne sommes pas égaux devant la maladie mais l’égal accès aux soins de chacun selon ses moyens et ses valeurs doit être respecté.

Il faut se mobiliser pour le lycée Darius Milhaud

A l’invitation des enseignants du lycée Darius Milhaud, lycée de secteur de Villejuif, je me suis rendu à la « nuit des lycées » du Val-de-Marne. A travers cette manifestation, les enseignants protestaient contre la réforme des lycées (« réforme Blanquer »). Je voulais mieux comprendre leurs préoccupations et, à travers eux, celles de nos lycéens et de leurs parents. En effet, de prime abord, les intentions de la réforme me paraissaient intéressantes, en finir avec les filières rigides que j’avais connues me paraissait positif.« Tous les élèves suivent des enseignements communs (16 h) et des disciplines de leur choix : les enseignements de spécialité (12 h). Ils permettent d’approfondir ce qui les passionne et ce qui les fera réussir dans l’enseignement supérieur. », dit le site du ministère.

Mais le diable est dans les détails.

Ce qui fait réagir les enseignants de « Darius », comme beaucoup de leurs collèguesd’autres lycées, c’est que la fin annoncée des filières est un vrai faux choix pour les élèves et les familles qui, pour beaucoup, manquent d’information. Parmi les nombreux griefs, j’en retiendrai trois, qui concernent directement la scolarité des lycéens. 

Premièrement, le choix parmi 12 spécialités n’existe pas : à Darius Milhaud, les élèves ne pourront choisir que parmi les 7 spécialités « classiques ». Aucune spécialité « rare » n’est proposée. Bien pire, Darius perd la spécialité « arts » en terminale et l’option euro-allemand. En limitant la gamme des enseignements, on accentue une véritable rupture d’égalité territoriale.

Deuxièmement, en lycée professionnel, les élèves perdent des heures d’enseignement général alors même que ces heures, en français notamment, sont très importantes pour eux. 

Troisièmement, avec la réforme, il n’y aura plus que des classes à 35 élèves (aujourd’hui 4 classes à 35 et 2 à 24 en premières, des classes à 30 en secondes) dans un établissement où de nombreux élèves ont des difficultés et demandent une attention particulière et alors que les enseignants demandent chaque année à ce qu’elles soient allégées. 

Pour moi, les élus de Villejuif devraient se mobiliser d’abord et avant tout pour promouvoirl’enseignement public (la maire d’une ville voisine de Villejuif est allée en personne au rectorat avec des représentants de parents d’élèves défendre son lycée). Au lieu de quoile maire essaie de monter, dans des conditions discutables, des projets qui divisent. A Darius Milhaud, il est indispensable de donner le maximum de chances à une équipe d’enseignants motivés par la réussite intellectuelle et, ultérieurement, professionnelle, de leurs élèves.

Pour ceux qui en veulent plus : voir par exemple le site bien fait du Sgen-Cfdt https://www.sgen-cfdt.fr/dossier/reforme-du-lycee-beaucoup-dincertitudes/.

Alain Weber