Pourquoi M. le Bohellec n’a pas été un “bon Maire”

Texte Collectif – Réinventons Villejuif 

I] Vie démocratique et Conseil Municipal

    Le Conseil Municipal  fonctionne de plus en plus mal d’une part à cause du péché originel de cette Municipalité : être issue d’une majorité hétéroclite aux élections de 2014 et, d’autre part, à cause de la conduite autoritaire et clivante du Maire.

    Un règlement intérieur avait été adopté en début de mandat, en continuité avec la municipalité précédente. M. le Bohellec n’a pas voulu se plier au fonctionnement démocratique qu’organisait ce règlement si bien qu’à mi-mandat il a fait adopter par sa majorité un règlement expurgé revenant au minimum légal. Désormais, plus de « conférences des présidents »  qui préparaient et organisaient les débats du Conseil et les Commissions, sensées donner un avis sur les points de l’ordre du jour, sont réduites à un simulacre.

    Ainsi l’atmosphère des Conseils Municipaux n’a cessé de se dégrader et la Majorité a fondu progressivement : la première adjointe chargée de l’urbanisme est passée rapidement dans l’opposition suivie de ses amis de EELV. Puis l’adjoint aux finances est passé à son tour dans l’opposition et, enfin, diverses personnalités ont renoncé, au fil des mois, à soutenir le Maire.

    En conséquence, au printemps dernier, M. le Bohellec s’est retrouvé sans majorité au Conseil Municipal pour voter les décisions importantes. Au lieu d’en tirer la conclusion qui se serait imposée à tout homme public rigoureux : présenter sa démission devant le désaveu de la majorité du Conseil Municipal, M. le Bohellec a préféré invectiver son « opposition » en lui reprochant son manque de « sens républicain » ! C’est bien le monde à l’envers puisqu’un Maire n’a de légitimité qu’en tant que représentant d’une majorité au Conseil Municipal !

    Au mois d’octobre M. le Bohellec a convoqué le Conseil Municipal. Celui-ci, qui avait précédemment approuvé le Budget à la suite de pressions que nous ne détaillerons pas, a refusé d’approuver le projet de Budget Modificatif. Et maintenant M. le Bohellec tente de transiger pour régler quelques affaires courantes avant la fin du mandat, comptant sur le gong pour ne pas avoir à convenir de son échec. En effet, ce véritable échec de la vie démocratique est soigneusement occulté dans une communication qui célèbre à grands frais les mérites de M. le Bohellec.

    La vie démocratique n’est pas plus satisfaisante à l’extérieur du Conseil Municipal : 

  • les oppositions n’ont plus accès, comme naguère, aux salles municipales
  • les panneaux d’affichage libre ont été supprimés ou déplacés (réduits au minimum légal). Mieux, ils sont nettoyés très régulièrement par une entreprise privée, si bien qu’un affichage ne peut pas rester en place plus de quelques jours. Ce détail, parmi d’autres, illustre bien la volonté active de M. le Bohellec d’empêcher l’expression des opinions différentes de la sienne plutôt que de l’encourager ou, au moins, de la permettre. 
  • les Conseils de Quartier qui avaient été promis n’ont pas vu le jour. Plus précisément, quelques Conseils ont été ébauchés, selon la loi, dans les quartiers prioritaires. Ils se sont essoufflés fin 2016. Et il est piquant de lire dans la presse que M. le Bohellec justifie cet échec par « l’appropriation par des opposants politiques » : quelle conception du débat démocratique est-elle exprimée dans cette affirmation ? …
  • à côté de cette extinction des moyens d’expression publique M. le Bohellec s’enorgueillit de l’organisation des « débats nespresso ». Ces débats ont été organisés à grands frais (payés par le contribuable) par un cabinet spécialisé. Ces réunions publiques ne laissaient la place à aucun débat et seule la parole du Maire y était mise en scène. Au lieu d’être des moments démocratiques ces réunions se sont avérées n’être qu’une tournée préélectorale menée par M. le Bohellec aux quatre coins de la ville et organisée par des spécialistes de la « communication ».

Le bilan est que la démocratie a sensiblement régressé au cours de cette mandature.

II] Gestion municipale

    Finances

M. le Bohellec vante sa gestion des finances en argumentant sur deux points inégalement contestables.

Il est en effet certain que la liquidation des « emprunts toxiques » issus de la crise financière de 2008 a sensiblement progressé depuis 6 ans.  Mais il faut savoir que cet assainissement était largement engagé par la municipalité précédente et que, d’autre part, il n’est pas complètement terminé. De plus, les décisions de nettoyage des emprunts toxiques ont été prises avec l’accord et le soutien des oppositions.

Mais l’autre point est beaucoup plus contestable puisqu’il a donné lieu à un véritable mensonge de la communication municipale. Pour M. le Bohellec les impôts locaux n’auraient pas augmenté. Nous avons pu lire cette affirmation en gros caractères sur l’affichage municipal dans toute la ville et ce slogan est repris en toutes occasions. Or la lecture de notre avis d’impôt annuel nous montre bien que notre taxe d’habitation a augmenté. D’où vient cette augmentation ? La réponse se trouve en toutes lettres sur l’avis d’impôts lui-même :

« Pourquoi ma taxe d’habitation a-t-elle augmenté ?

Il existe plusieurs réponses possibles :

  • votre situation personnelle a changé …
  • les collectivités locales (commune … ) dont vous dépendez ont voté une augmentation du taux d’imposition, une baisse des abattements ou bien une nouvelle taxe

…     »

On peut donc lire qu’une baisse des abattements qui entrent dans le calcul de la taxe d’habitation a le même effet qu’une hausse du taux d’imposition. Or, en 2016, M. le Bohellec a fait adopter au Conseil Municipal une baisse significative de l’« abattement général à la base » … et il ose affirmer qu’il n’a pas augmenté les impôts locaux !

    A titre d’exemple, un grand appartement au centre-ville a vu sa taxe d’habitation augmenter de 10 % entre 2013 et 2019, soit environ 200 €. Près de la moitié de cette augmentation est de la responsabilité de la politique municipale.

    Dans le domaine de la fiscalité on peut aussi commenter la taxe de séjour instituée par M. le Bohellec. S’il est nécessaire d’assurer des rentrées pour équilibrer les finances municipales, est-il vraiment judicieux d’instituer une taxe qui va frapper essentiellement les clients de nos hôpitaux et leur famille qui constituent la plus grande partie de la clientèle de l’hôtellerie de Villejuif ?

Enfin il y a la gestion des ressources budgétaires municipales qui est tout à fait critiquable car elle constitue, par elle-même, un grave déficit démocratique. Chaque année, le Maire fait approuver par le Conseil Municipal un budget qui est un contrat annuel matérialisant tous les aspects de la politique municipale : effectifs du personnel municipal, crédits de fonctionnement, investissements, etc, … Or, depuis plusieurs années, M. le Bohellec n’a engagé que 70 à 80 % du budget en fin d’année ! Certes l’argent ne disparait pas … il est reporté dans le budget de l’année suivante … mais le contrat n’est pas rempli, les promesses ne sont pas tenues !  … et, par exemple, on a pu voir récemment « sortir du chapeau » 3 millions d’euros qui n’avaient jamais été votés en Conseil Municipal pour des travaux de voirie. Chacun peut d’ailleurs constater la multiplication des travaux de voirie, certes bien venus, à l’approche des élections.

   III] Gestion du personnel

Il y a d’abord la gestion des effectifs qui souffre de l’opacité que l’on vient de décrire. Le budget prévoit des effectifs qui ne sont pas réalisés faute des recrutements correspondants. Il ne sert  donc à rien de discuter des effectifs nécessaires si les effectifs votés ne sont pas mis en œuvre dans la réalité. 

Mais surtout, le climat social est au plus bas. M. le Bohellec a adopté une posture clivante d’hostilité active à l’encontre des représentants du personnel. La tentative de créer un « syndicat maison » a été faite sans réel succès. Le comité de gestion des activités et aides sociales a été vidé de sa substance, etc, … Le résultat est un ensemble de services désorganisés avec un taux d’absentéisme qui a explosé. Un rapport de la médecine du travail dénonce la souffrance au travail, le non remplacement des absents, les plaintes pour harcèlement, la précarisation …

La conséquence est une baisse sensible de l’efficacité des services.

Les services publics

Il est vrai que la plupart des services publics ont continué de fonctionner en assurant la continuité. Cependant, on a constaté de profondes inflexions dans plusieurs domaines.

La politique jeunesse, par exemple, a été complètement détricotée. L’Adjointe à la Jeunesse qui vient d’annoncer sa démission en ce début décembre l’affirme elle-même. Alors que diverses actions étaient précédemment menées sur les quatre axes Prévention, Insertion, Education et Loisirs elles ont toutes été abandonnées pendant trois ans. A mi- mandat, on a observé une timide reprise au niveau des loisirs et surtout une recrudescence de la communication sur ce thème ne correspondant à rien de concret sur le terrain. 

L’animation des quartiers a été vidée de sa substance. En particulier les MPT et les structures de proximité qui jouaient dans ce domaine un rôle important ont vu leurs moyens sensiblement réduits et ne sont plus à même d’être la force de proposition qu’elles ont été. Elles sont réduites à accueillir des activités sur lesquelles elles n’exercent aucune coordination.

Dans le même temps la Mairie multiplie les animations à grand spectacle (et à grands frais) qui ont toutes lieu au centre-ville. On peut citer : les vœux du Maire, le feu d’artifice du 14 juillet, plusieurs animations estivales au Parc Pablo Neruda …

Disons un mot de la Police Municipale. Sa création était au programme de la plupart des listes, il y a six ans. L’équipe municipale l’a créée et a développé la vidéo-surveillance. En six ans nous ne disposons d’aucun bilan d’étape, d’aucune évaluation ni même d’une note sur les missions de cette police … Nous aurions apprécié qu’une dose de prévention soit intégrée. Dans le domaine de la sécurité et de l’intégration des quartiers il y avait une instance très intéressante : le CLSPD comme Comité Local pour la Sécurité et la Prévention de la Délinquance avec sa déclinaison dans les quartiers qui regroupait police, justice, services municipaux, bailleurs et représentants de la population (associations, etc, …). M. le Bohellec ne l’a réinstallé que très tardivement sans, malheureusement, restaurer l’implication de la population, en particulier dans les quartiers.

Dans le domaine de l’enfance et de la petite enfance on constate une nette orientation vers la privatisation : les trois ( ?) nouvelles crèches à Villejuif sont privées ainsi que le nouveau lycée à Villejuif qui a été efficacement promu par M. le Bohellec (le terrain a été vendu par la commune dans des conditions très avantageuses). Cela ne correspond pas à nos idées sur le rôle de la collectivité dans l’organisation des services publics. Et, de plus, il nous paraît paradoxal qu’un Conseiller Régional (le Conseil régional est chargé des investissements pour l’enseignement secondaire), quand il est en même temps Maire de Villejuif, fasse appel à l’enseignement privé pour installer un lycée dans sa commune.

Cette orientation vers la privatisation se retrouve dans plusieurs domaines : surveillance et verbalisation du stationnement, nettoyage de voieries, travaux ponctuels, organisation d’évènements … et surtout avenir de l’office d’HLM. En effet, M. le Bohellec a choisi d’intégrer l’Office Municipal à un gros organisme qui, tout en dépendant de la Caisse des Dépôts et Consignations a une vocation de gestion de patrimoine immobilier, c’est-à-dire une orientation beaucoup plus financière que sociale. On peut parler d’une privatisation.

Enfin, dans le domaine du développement durable, tout est communication mais peu a été fait. Il y a eu des nichoirs à oiseaux inaugurés au printemps, un chalet de 60 m2 inauguré à quelques mois des élections … mais aussi des arbres coupés (  … ), des espaces verts supprimés dans les périmètres des hôpitaux sur le nouveau PLU. M. le Bohellec se révèle plus soucieux d’attirer les promoteurs que de développer les espaces verts.

IV] VILLEJUIF DEMAIN

Ce que nous voulons pour demain à Villejuif c’est une ville qui accueille tous ses habitants en leur offrant tout ce qu’une ville leur doit : un logement pour tous  adapté à ses besoins et à ses moyens, des équipements scolaires, sportifs et culturels et enfin un aménagement de la ville qui améliore l’environnement dans un souci de développement durable favorisant la mixité sociale et fonctionnelle.

Or pendant cinq ans qu’avons-nous vu, alors que les dernières projections prévoient 70 000 habitants à Villejuif en 2025 ( ?) ? Certes deux programmes de constructions scolaires ont été achevés (agrandissement de Jean Vilar et construction de Simone Veil)  mais ces programmes avaient été adoptés et initiés au cours de la précédente mandature. Depuis que sont connues ces nouvelles projections démographiques, aucun nouveau projet n’a vu le jour. D’ailleurs, d’une façon plus générale, M. le Bohellec n’a pas jugé bon de présenter un Plan Pluriannuel d’Investissements.

Et parallèlement nous voyons M. le Bohellec s’enorgueillir de favoriser les promoteurs qui multiplient les constructions d’immeubles de standing. Si le nombre et la répartition des logements sociaux à Villejuif pouvaient être débattus, nous assistons à des choix qui auront des conséquences extrêmes que nous désapprouvons catégoriquement. En effet, que nous prépare M. le Bohellec : une ville qui deviendrait un quartier agréable du Grand Paris où viendraient se réfugier les cadres moyens et supérieurs chassés de Paris intra-muros par le prix de l’immobilier qui n’a pas fini de croitre. Mais, dans le même temps, le logement à Villejuif deviendrait inaccessible non seulement aux plus modestes mais aussi aux personnes à revenus faibles et moyens qui travaillent à Villejuif (personnel infirmier, enseignants, personnels municipaux, …) et qui seraient contraints de s’éloigner de leur lieu de travail dans un processus de ghettoïsation malheureusement trop bien connu. Concrètement, Villejuif est aujourd’hui assailli de grues produisant des immeubles vendus à 7500 € le m2. Acheter un 80 m2 sur notre commune c’est déjà 600 000 € … Une somme qui ferme la porte à un enseignant ou un agent hospitalier. Ces derniers, qui sont éligibles au logement social, ne peuvent pas non plus s’y loger faute de disponibilités.


En résumé, nous formulons des critiques graves sur la gestion de M. le Bohellec :

  • une posture violente et clivante qui, d’une part l’a rendu incapable de maintenir la cohésion de sa propre majorité et, d’autre part, a conduit à la désorganisation des services de la Mairie
  • une série de mesures conduisant à l’extinction de la vie démocratique (mauvais conduite des Conseils Municipaux, suppression des moyens d’expression des oppositions, disparition des Conseils de Quartiers, …)
  • une gestion financière opaque : non-respect des budgets votés en Conseil Municipal … ramenant à zéro la démocratie municipale

Mais au-delà de la gestion, c’est bien l’orientation de la politique de M. le Bohellec que nous condamnons : 

  • abandon de l’intégration des quartiers au profit du centre-ville
  • privatisation des services (crèches, lycée, nettoyage …) jusqu’à la gestion des HLM
  • un développement entièrement centré sur les promoteurs de logements de standing qui chasse inéluctablement de Villejuif les populations modestes et de revenus moyens.

10 engagements forts pour faire de Villejuif une cité plus propre

1 / Commençons par le plus simple. Il faut des poubelles, des cendriers, des toilettes publiques (il n’y en a que deux), en nombre suffisant et partout dans la ville, et pas seulement dans le centre-ville. Dans un quartier du sud de la ville, des habitants nous ont fait remarquer que, à l’occasion du remplacement d’un abribus, les poubelles n’avaient pas été remplacées ! 

2 / Parfois, ce sont des astuces qui permettent de réduire les déchets jetés sur la voie publique. Par exemple, Copenhague trace des lignes au sol qui conduisent aux poubelles : ce petit truc bête fait que les gens jettent davantage dans les poubelles car ils ont “le chemin”.

3 / Pour limiter l’affichage sauvage, il faut remettre des panneaux d’affichage libre (la municipalité actuelle les a pratiquement tous supprimés).

4 / Il faut donner les moyens aux agents du nettoiement de faire leur travail en investissant dans des machines performantes et de nouvelle technologie (légère et maniable) . Est-il indispensable de faire travailler une société privée le dimanche pour ramasser les feuilles mortes ?    

5 / Il faut aussi des distributeurs de sachets pour les déjections canines en nombre suffisant, régulièrement alimentés et dans tous les quartiers. Il n’y a pas de parc où les chiens peuvent se promener librement, il faut étudier dans quelles conditions certains parcs pourraient leur être ouverts.  

6 / Agir sur les comportements est essentiel, bien que de plus longue haleine. La prévention commence par l’éducation dans les écoles. Des actions citoyennes de sensibilisation peuvent être encouragées. Nous proposons, comme certaines villes l’ont déjà fait, la création d’un observatoire de la propreté, où des citoyens seront représentés. Cet observatoire peut organiser des “marches de la propreté” dans les différents quartiers. Le but est de faire en sorte que, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, tous les quartiers soient aussi bien nettoyés que le centre-ville.

7 / Les commerçants doivent être sensibilisés au zéro déchet. Par exemple, comme certaines villes l’ont fait avec succès, une discussion peut être engagée avec la restauration rapide  sur l’utilisation d es emballage s jetable s. La ville pourrait étudier la mise en place d’un système de consigne , qui permet de créer des emplois d’insertion.

8 / Pour lutter contre les tags, le meilleur moyen est d’en faire faire de beaux par des artistes qualifiés. Villejuif peut-être une ville phare de Street-Art.

9 /  L’action de la police municipale (car, hélas, il faut aussi de la répression) devrait être davantage orientée vers les incivilités de la vie quotidienne.

10 / Enfin, la commune peut agir auprès du territoire Grand Orly-Seine-Bièvre pour trouver une solution à la suppression de la déchèterie d’Ivry : il faut aller aujourd’hui à Romainville !

#RéV

Finances publiques à Villejuif : dégager le vrai du faux

Beaucoup d’informations circulent sur l’état des finances publiques à Villejuif. Faisons le point sur la gestion des finances à Villejuif par la majorité actuelle, et dégageons le vrai du faux… Pour mieux gérer demain.

Dette

« La dette a augmenté de 3 M€ entre 2014 et 2018 (+2%), représentant 30 € de plus pour chaque habitant »

Notre réponse : Il s’agit d’être prudent dans l’interprétation des chiffres de la dette, car la renégociation de la dette vient en perturber la lecture. Cette renégociation est une bonne chose (elle a d’ailleurs été approuvée à l’unanimité du conseil municipal). Il est important de noter qu’elle avait déjà été entreprise par la précédente municipalité.

« Le niveau d’endettement est plus important que la moyenne du reste des communes du département »

La commune met 8,3 années à rembourser sa dette. Cette période a diminué de 46 % depuis le début du mandat »

Notre Réponse : Attention : il faut noter qu’un niveau d’endettement doit toujours être mis en regard de la capacité à rembourser cette dette, fonction des ressources de la commune et de leur croissance. S’endetter pour investir (surtout quand les taux sont bas) est de bonne gestion, sous réserve de limiter le niveau des remboursements à un niveau soutenable.

Impôts

« Les impôts locaux n’ont pas bougé ».

Notre Réponse : C’est faux. La somme des impôts locaux était de 50 M€ l’an dernier, soit 877 € par habitant (+5 % depuis 2014). La taxe d’habitation a bondi de 13%. L’évolution du produit de la taxe d’habitation est préoccupante car, jusqu’en 2018 (année où l’Etat décide d’en exonérer progressivement la majorité des ménages) la charge sur les Villejuifois a été alourdie par suppression, décidée par la majorité actuelle du conseil municipal, de certaines exonérations, abattements et dégrèvements. La vraie question est celle de l’excès d’impôt prélevé par rapport aux dépenses.

Dotations de l’État

«  Les dotations de l’État ont baissé de 4 M€ entre 2014 et 2018, soit une baisse de 27 % en 4 ans. »

Notre réponse : C’est vrai, mais il faut regarder de près l’évolution des différentes dotations et des différents impôts locaux. Par exemple la tendance à la baisse des dotations de l’Etat est structurelle, sauf que la compensation de l’exonération progressive de taxe d’habitation est un mouvement en sens contraire…

En revanche, ce qui est plus préoccupant est la contrainte que l’Etat impose aux collectivités sur la croissance des dépenses de fonctionnement : outre qu’il s’agit d’une atteinte à l’autonomie des collectivités locales, les règles s’adaptent mal à la spécificité des situations locales.

Enfin, dernier élément à regarder de près : Villejuif a intégré le nouveau « territoire Grand Orly Seine Bièvre » créé le 1er janvier 2016, la création de cette structure intercommunale en substitution de la communauté d’agglomération du Val de Bièvre peut perturber la lecture des comptes communaux et des dotations de l’Etat.

Investissement

« En 2018, la part de l’investissement dans les dépenses de la commune était de 23 % (+2,1 points par rapport à 2014). Ainsi, Villejuif investit davantage que la moyenne départementale (21%) »

Notre réponse : C’est vrai… mais c’est la moindre des choses. Il est normal qu’une collectivité comme Villejuif, qui est en plein développement, investisse. La nature des investissements est cependant aussi importante que la quantité. De ce point de vue, on a l’impression que la priorité a été donnée à des investissements « qui se voient » au détriment d’investissements de fond (isolation des bâtiments municipaux pour lutter contre le réchauffement climatique, remise en état des espaces publics dans les quartiers HLM).

Par ailleurs, le monde des collectivités est un emboitement complexe de compétences, il est important de rechercher les cofinancements des autres collectivités et de l’Etat, et, bien sûr, de ne pas payer deux fois. Ainsi, la commune de Villejuif n’a plus la compétence voirie, elle finance pour cela le territoire Grand Orly Seine Bièvre ; quand la commune engage des travaux de voirie, c’est donc une dépense inutile qui est imposée aux Villejuifois (et c’est par ailleurs illégal).

« Le budget 2018 s’est clos sur des excédents, comme les précédents : + 21,5 M€ dans la section d’investissement, + 11,4 M€ dans la section de fonctionnement ».

Réponse : C’est malheureusement vrai et c’est très préoccupant ! Dégager des excédents aussi importants et de façon répétée est le point est de loin le plus critiquable dans la gestion financière de la commune. Cela veut dire que trop d’argent a été prélevé sur les Villejuifois par rapport à l’utilisation qui en a été faite. Donc soit il aurait fallu baisser les impôts, soit il fallait rendre les services prévus par le budget, soit il fallait réduire l’endettement. En tout état de cause c’est de la mauvaise gestion ! Les budgets pourraient être considérés comme insincères.

La réduction drastique des dépenses réelles de fonctionnement s’est surtout manifestée dans les dépenses de personnel. Les suppressions de postes ou le décalage systématique des recrutements ont créé une souffrance au travail (aggravée par un management brutal) et une dégradation du service rendu aux habitants. Autre secteur qui a souffert de cette sous-consommation volontaire des crédits votés : le soutien aux associations.

La renégociation et restructuration de la dette s’inscrivent dans la continuité de la gestion de l’équipe précédente, et nous saluons cette continuité. 

Les taux des taxes locales n’ont pas été modifiés, mais la suppression d’un certain nombre d’abattements sur la taxe d’habitation a en réalité, et de façon sournoise, alourdi la fiscalité de ménages modestes.

A la recherche d’une politique jeunesse digne de ce nom

La politique de jeunesse de la municipalité actuelle participe plus d’une politique d’offre de loisirs médiatisée qui n’irrigue pas le terrain, les quartiers, que d’une politique d’accompagnement des jeunes à leur insertion sociale, citoyenne, professionnelle et de prévention contre les dérives qu’ils peuvent rencontrer dans leur parcours.

On ne constate plus de présence dans les quartiers, c’est une politique jeunesse de « centre-ville » qui est mise en œuvre aujourd’hui. Il n’y a pas d’appropriation possible par les jeunes des quartiers, ils ne sont pas bénéficiaires ni associés.

Les structures ouvertes qui accueillaient les jeunes ont fermé les unes après les autres, or ce sont des lieux de rencontre pour l’accompagnement des jeunes et également des antennes capteurs en matière de prévention de la délinquance notamment.

On constate qu’il y a peu de consultation, pas de citoyenneté active, que les instances paritaires sont peu actives et peu efficientes. En effet, les réunions de l’ensemble des acteurs (éducatif, associatif, police…) dans les quartiers pour maintenir le lien social, assurer une forme de prévention ne se tiennent plus, or la mobilisation de tous les acteurs est nécessaire.

Il faut accompagner les jeunes dans leurs projets en impliquant les parents, les bénévoles, via du tutorat par exemple. Il faut également les inciter à s’engager de manière citoyenne au service de la cité, de la solidarité collective.

Pour Réinventons Villejuif, il faut décloisonner les logiques d’action et agir sur tous les terrains concomitamment : éducatif, social, culturel, sportif… 

RéV

Laïcité et vivre ensemble : les responsabilités d’un maire.

Attentat à la mosquée de Bayonne, profanation de la mosquée de Bergerac, agression d’une femme voilée par un élu du Rassemblement national, libération d’une parole haineuse dans certains médias…Une fois passée l’émotion légitime, quelles peuvent être les réponses politiques à ce climat délétère, et pour, tout dire, profondément inquiétant ? Et, plus précisément, puisque nous sommes en campagne pour les élections municipales, quelles sont les réponses qu’un maire peut apporter ?

D’abord : tout faire pour éviter que ce climat nauséabond ne s’installe dans notre cité.
Villejuif est une ville ouverte sur le monde, riche de sa diversité… Et doit le rester. Face à un tel climat de tension, le premier magistrat d’une ville ne peut rester silencieux. L’onde de choc générée par l’attaque à la mosquée de Bayonne a été considérable dans notre ville, comme dans le pays tout entier : il aurait par exemple été judicieux d’organiser un rassemblement devant la Mairie, notre Mairie – nous l’avons bien fait pour la mort de personnalités telles que Johnny Halliday – pour marquer à la fois notre indignation, et notre solidarité envers les victimes de cet attentat à Bayonne, qui aurait pu être bien plus dramatique encore.

J’ai été interpellé par plusieurs Villejuifois de confession musulmane, inquiets devant un montée de manifestations d’hostilité (certains m’ont parlé d’insultes, parfois même de crachats ou de menaces physiques !). La responsabilité d’un maire est donc de sensibiliser, et surtout d’alerter sur les risques que d’aucuns font peser sur la paix civile en stigmatisant, à dessein, certains de nos concitoyens sur le seul critère de leur religion ou de leur origine. J’aurais aimé que notre maire transmettre plus de signes en ce sens…  En ces temps troubles, les symboles ont leur importance.

Ensuite : un maire doit réaffirmer la loi et la faire respecter dans les contraintes qu’elle impose et dans les libertés qu’elle autorise. Il doit faire respecter l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public villejuifois, comme garantir avec la même fermeté aux femmes musulmanes son soutien dans l’exercice de leurs libertés dans l’espace public villejuifois. J’en suis convaincu, compte-tenu de la complexité et de la sensibilité de ces débats, seul le respect de la loi peut nous permettre de dépasser nos appartenances culturelles ou cultuelles distinctes et de mettre le vivre ensemble au cœur de nos aspirations.

N’instrumentalisons pas la laïcité

Ne l’oublions jamais : la laïcité telle que définie dans la loi de 1905 est un compromis, garantissant dans son article 1er  sans la moindre ambigüité « la liberté de conscience » et «le libre exercice des cultes ».

Que ces notions signifient-elles ? Cela signifie que chacun, quelle que soient ses croyances, qu’il soit athée, agnostique, chrétien, musulman, juif, bouddhiste est libre de croire ou de ne pas croire et d’exercer son culte.

Dévoyer la laïcité pour en faire une arme antimusulman est donc une imposture historique. C’est la raison pour laquelle j’ai été extrêmement choqué par les injonctions – venues de l’extrême droite, mais pas seulement ! – visant à interdire les signes religieux pour les personnes accompagnant les sorties scolaires.

Un tel débat n’a pas de sens : la loi est à ce titre très claire et doit être respectée strictement. La loi de 1905 exige la neutralité des agents du service public et non la neutralité des usagers du service. Cela implique donc de vérifier si une femme portant le voile peut être considérée comme un agent du service public. Or, ce n’est aucunement le cas. Le Conseil d’Etat a d’ailleurs rendu en 2003 une étude extrêmement claire à ce sujet.[1]

Je suis d’ailleurs tout autant révulsé par le fait qu’une sœur catholique se soit vue refuser une place en maison de retraite à cause de son voile.

Le port du voile, quel que soit son avis, est du domaine de l’intime et non de l’Etat.

C’est également la raison pour laquelle j’ai été gêné par certains mots d’ordre présentant les lois laïques en vigueur comme « liberticides ». Je ne considère absolument pas que des lois consacrant la neutralité religieuse à l’école ou encore interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public soient liberticides, même si je peux concevoir qu’un tel débat puisse avoir lieu.

Je refuse que la laïcité soit utilisée stratégiquement par des organismes religieux confondant sciemment racisme avec la remise en cause de notre laïcité.

En fait, je pense que l’édifice constitué par les lois actuelles est fragile, mais qu’il est le meilleur garant de l’équilibre pour tous les citoyens. Il garantit la liberté de tous les cultes, ainsi que celle de ne pas croire : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » (article 1er de la loi de 1905).

Cet édifice législatif permet aux communes, « dans le respect du principe de neutralité à l’égard des cultes et du principe d’égalité », de louer un terrain à un loyer symbolique à une association cultuelle pour qu’elle construise un lieu de culte. Car, exercer son culte ne peut se faire dans la rue ou caché au fond des caves.

Permettre à chacun d’avoir un lieu pour prier, c’est faire esprit de concorde. C’est permettre à chacun le respect de ses croyances et donc de sa dignité. Tout comme les associations doivent avoir des locaux pour se réunir, des fidèles doivent pouvoir prier dans des locaux adaptés et à l’abri des prêcheurs de haine.

Enfin, il ne faut pas oublier que notre République a inscrit au fronton de nos maires et de nos écoles la fraternité. Comme une exigence unissant tout citoyen à un devoir de dialogue et d’entraide.

ALAIN WEBER.


[1] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_avis_20130909_laicite.pdf

Faire du sport un levier central de cohésion sociale pour la ville

En matière de sport, ce qui est affiché de manière communicante sur le site de la ville semble dithyrambique : une offre d’activités riche, des manifestations sportives nombreuses, de nouveaux équipement en construction, … mais ne semble pas refléter la réalité de la situation à Villejuif.

Le fait est que cette municipalité soutient plus le sport d’élite, au détriment du « sport pour tous ». Les jeunes « champions » sont des modèles, des « locomotives » pour l’ensemble des jeunes qui peuvent se projeter et être tirés vers le haut. Néanmoins, cet accent mis sur le sport d’élite ne doit pas circonscrire l’action d’une municipalité dans le domaine, le sport doit être accessible à tous et en particulier aux jeune, aux anciens, aux malades…

Le sport doit être pensé comme un facteur de cohésion sociale pour la ville, le sport fait société.  

#RéV

A l’heure où la pratique libre explose et que les salles de sport privées ouvrent partout pour répondre au besoin des « consommateurs », on constate une perte de la qualité de la pratique non encadrée et de la cohésion sociale. Le sport peut avoir un rôle fondamental dans le cadre de pratiques éducatives, en faveur de l’émancipation, de la vie collective, du dépassement de soi des jeunes. Or, la municipalité n’a pas d’ambition éducative par le sport. La politique associative sportive doit être soutenue.

La collectivité devrait être un moteur pour le développement du sport à tous les niveaux sur le temps périscolaire, pour le développement du multisport pour les jeunes dans les quartiers notamment, pour le développement du sport santé, mais aujourd’hui rien n’est fait de manière cohérente avec les éducateurs des clubs.

Pour Réinventons Villejuif, un état des lieux est nécessaire, il faudra revivifier le tissu bénévole dans les clubs et associations et penser le sport dans toutes ses dimensions au bénéfice de la collectivité.

Municipales à Villejuif : pour une convergence des idées.

Le premier tour de l’élection municipale est prévu le 15 mars prochain. 

Les raisons sont nombreuses pour ne pas renouveler l’équipe municipale sortante : prix des logements qui s’envolent, urbanisme non maitrisé, inaction face aux enjeux écologiques, vie associative et culturelle en berne, atteintes incessantes au droit d’expression qui menacent la sérénité de la vie citoyenne, …

Pour préparer cette échéance, les forces politiques se cherchent. En février, le PS m’a désigné comme son chef de file. Des militants prennent l’initiative de créer une association, Réinventons Villejuif, destinée à ouvrir un dialogue plus large avec les Villejuifois. En neuf mois, de nombreuses idées ont été apportées dans les domaines du logement, de l’écologie, de la petite enfance, de la scolarité, …

Au même moment, sept personnalités de gauche – dont Dominique Girard, conseiller municipal PS – appellent à une réflexion programmatique commune, qui s’est traduite par une réunion, deux ateliers sur cinq thèmes importants pour l’avenir de Villejuif et, récemment, une réunion de restitution. 

Cette démarche souffre cependant de deux défauts. La première tient à la composition même des signataires : toutes les forces de progrès n’y sont pas représentées. La seconde tient à l’ambigüité même de l’appel : s’agit-il d’une démarche programmatique, permettant de débattre de l’importance des problèmes et d’amorcer des solutions communes, ou s’agit-il de constituer une liste unique ?

Pour nous, la démarche programmatique est un préalable. C’est pourquoi nous appelons toutes les forces de progrès à être parties prenantes de cette réflexion commune. Déjà, à notre initiative, les partis de gauche et écologistes se sont rencontrés. Mais les discussions ne doivent pas se limiter aux seuls partis : la participation de citoyens et de représentants d’associations est indispensable. 

L’objectif est d’identifier les principaux points de convergence, mais aussi les différences voire les divergences, pour proposer des actions développant des perspectives nouvelles.

Dans le meilleur des cas, cette réflexion commune permettrala constitution d’une liste progressiste unique au premier tour. C’est cette solution que soutient prioritairement Réinventons Villejuif. 

Cela suppose cependant que soit réglée l’épineuse question de la tête de liste. Nous sommes favorables à un processus transparent et démocratique de désignation, car aucun chef de file ne s’impose à l’évidence, compte tenu des bouleversements du paysage politique local et national au cours de la période récente. 

Si l’union de toutes les forces progressistes n’était pas possible au premier tour, chacun voulant se compter, alors,nous aussi, nous proposerons nos idées aux Villejuifois. 

Les discussions préalables n’auront pas été inutiles : elles serviront de bases à une majorité solide, à l’inverse de la coalition hétéroclite victorieuse en 2014, qui a rapidement éclaté et se déchire publiquement aujourd’hui. 

Construisons ensemble une ville pour tous, plus écologique, solidaire et démocratique.

Rejoignez-nous !

Alain Weber

Pour une (réelle) démocratie participative à Villejuif !

Dans les differentes publications de la Mairie, dont le Villejuif notre ville de mars, le maire s’est félicité de la tenue des « débats expresso » : « Au total près de 500 participants, plus de 100 participants en ligne ». Bien sûr, on peut se féliciter de la tenue de ces réunions. Mais le résultat est-il à la hauteur de ce qui est annoncé ? Certainement pas. Il suffit d’aller sur le site de Cachan, qui a mené une démarche similaire de consultation (pas étonnant, nous sommes à quelques mois du moment où toutes ces dépenses risqueraient d’être imputées aux comptes de campagne…). Dans une ville deux fois plus petite que Villejuif, 8 réunions, comme à Villejuif, ont réuni 1800 habitants, soit près de 4 fois plus qu’à Villejuif. Pour la réunion de restitution, 400 participants réunis dans un gymnase : ceux qui ont participé à la triste réunion de restitution du 15 février, sans aucune prise de parole de citoyen, feront la différence, les autres pourront se reporter au VNV de mars où, suprême paradoxe, le seul citoyen de Villejuif qui soit à l’image est… le maire !

Alors, les Villejuifois seraient-ils huit fois moins avides de débats que les Cachanais ? Non, bien sûr. Il y a des explications à cet échec :

1/ les débats à Villejuif se tenaient tous le samedi matin dans une école du centre-ville, ceux de Cachan se sont tenus dans 8 quartiers différents, à 20h en semaine sauf une fois un samedi matin

2/ Les sujets abordés au cours des réunions villejuifoises étaient préparés préalablement avec le cabinet conseil recruté par la ville, alors qu’à Cachan une journée entière a été consacrée à des ateliers de propositions thématiques

3/ le cabinet conseil a fait honnêtement son travail, mais il a été présenté comme le « tiers de confiance », ce qu’un prestataire rémunéré ne peut absolument pas être !

4/ À Villejuif, au cours de la réunion de restitution, seul le cabinet conseil a présenté une synthèse des débats, alors qu’à Cachan ce sont les citoyens eux-mêmes qui ont présenté les propositions

5/ À Villejuif, le maire déclare : « sur la base du budget voté en décembre, nous allons réfléchir à mettre en œuvre dès cette année certaines propositions qui ont émergé lors des débats » ; à Cachan, la maire a fait une liste de 30 engagements issus des dialogues, et fixé un rendez-vous en septembre pour faire le bilan des engagements qui auront été réalisés.

Un constat d’autant plus amer que nombre d’instances de consultation existantes aujourd’hui ne sont que vitrines… Exemple du conseil des crèches, qui ne se réunit qu’une fois par an, avec des représentants des parents élus pour une année… Résultats: pas de compte rendu, pas de suivi, pas de réponse, zéro prise en compte des remarques et propositions des parents. Et la mairie organise dans le même temps un débat expresso sur la petite enfance…

Pour l’avenir, il ne s’agit pas de copier ce qui a pu marcher ailleurs, mais de s’inspirer des bonnes pratiques.  Et la marge de progression est importante !

Proposition : nous proposons de mettre en débat la création d’un conseil de développement de Villejuif, dispositif permanent de participation citoyenne aux meilleurs standards : constitué de citoyens bénévoles, pour partie tirés au sort, pour partie représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs, dont le statut associatif garantirait l’indépendance.

Réformons l’office HLM de Villejuif, mais pas n’importe comment !

L’office HLM de Villejuif doit se rapprocher d’autres organismes HLM pour deux raisons

• la nouvelle loi sur le logement oblige les HLM à avoir au moins 12000 logements.

• l’office HLM de Villejuif est trop petit (3200 logements, soit un peu plus d’un tiers du parc HLM de Villejuif).

Ce rapprochement est une bonne chose : l’office fait face à de grosses obligations de rénovation de son parc vieillissant et il n’en a pas les moyens. Mais, pour les locataires actuels et futurs comme pour les Villejuifoises et les Villejuifois, ce rapprochement ne doit pas se faire n’importe comment. 

L’office de Villejuif est déjà en droit rattaché au territoire « Grand Orly Seine Bièvre », même s’il reste en réalité conduit par des élus de la commune. La solution la plus logique aurait donc été que l’office se rapproche de ses voisins : avec Gentilly, Arcueil, Cachan et le Kremlin-Bicêtre, le seuil de 12000 logements était atteint. Mais, pour des raisons politiques, ce n’est pas le choix que la municipalité semble avoir fait. La presse s’est fait l’écho d’un rapprochement avec une filiale de la Caisse des Dépôts, CDC Habitat.

Or, pour nous, il y a trois conditions à un rapprochement :

  • qu’il permette une remise à niveau du parc existant, en particulier la rénovation urbaine des quartiers sud, et qu’il donne les moyens de continuer à construire de nouveaux logements locatifs à des prix maitrisés. 
  • que les Villejuifois aient leur mot à dire sur les grandes décisions, en particulier la vente. Ce patrimoine a été en partie construit avec l’argent des Villejuifois, c’est leur patrimoine commun !
  • que les attributions de logements sociaux se fassent dans la plus grande transparence.

Adossé à une banque publique, CDC Habitat a les reins solides, il peut rénover le parc HLM s’il en a la volonté, c’est-à-dire s’il y trouve son intérêt. Cette société anonyme est un des très gros acteurs nationaux : avec 400 000 logements sociaux, elle est plus de 100 fois plus grosse que l’office ! Comment nos trois conditions vont-elles pouvoir être remplies ? 

• En revanche, si le patrimoine de l’office était purement et simplement vendu à CDC Habitat,, le pouvoir de décision des Villejuifois deviendrait extrêmement faible, voire nul. En particulier, le risque serait grand de vendre des logements HLM sans que d’autres ne soient construits à Villejuif. Le directeur de CDC Habitat s’est fait de longue date le chantre de la vente de logements HLM. Or Villejuif a besoin de logements à loyers modérés. N’oublions pas que ces logements s’adressent à une grande partie de la population : un jeune couple peut y prétendre jusqu’à 4600€ de revenus mensuels (alors que la moyenne des revenus à Villejuif est de 3000€), un couple avec 2 enfants jusqu’à 5500 € de revenu mensuel (alors que la moyenne est à 3600€).

• Enfin, il y a un enjeu politique majeur à ce que les conditions d’attribution des logements soient totalement transparentes, pour perdre de mauvaises habitudes…

Nous faisons deux propositions :

1| L’office HLM de Villejuif doit rester une structure autonome au sein d’une société de coordination créée par la récente loi logement. Les communes y conservent leurpouvoir d’arbitrage et d’intervention, notamment sur les attributions, la politique patrimoniale, l’entretien, la qualité de service et la proximité avec les habitants ;notre préférence va vers une coordination avec les offices publics des villes voisines ;

2| L’office public doit être mis aux meilleurs standards de transparence en matière d’attributions  : système de points clairs et compréhensibles par tous, ouverture au public des commissions d’attributions ou, comme à Bagnolet, avis demandé à une commission municipale de sélection des candidats constituée d’élus de la majorité, de l’opposition, d’habitants tirés au sort et de représentants des associations de locataires avec voix consultative, autant d’exemples déjà mis en place ailleurs qui montrent qu’il est possible de lutter contre le clientélisme.

Les Villejuifois doivent reprendre la main sur le développement de leur ville

Savez-vous que la population de Villejuif diminue ? ça a l’air d’une blague, et pourtant les derniers chiffres de l’Insee, publiés le 27 décembre, sont formels : Villejuif est l’une des rares villes du Val-de-Marne dont la population a diminué entre 2015 et 2016 : nous étions 56660 habitants en 2015, nous sommes 865 habitants de moins en 2016.

Ces chiffres vont à contresens des années précédentes, et surtout de notre intuition quand on voit le nombre de grues qui hérissent Villejuif. Ils doivent interroger notre regard sur notre ville, pour mieux nous amener à agir pour la ville que nous voulons.

Accueillir de nouveaux arrivants est une chance pour la ville. Cette dynamique, c’est davantage d’animation, des enfants dans nos écoles, la perspective d’avoir des commerces, des services, une vie culturelle et associative qui se développent. Mais, et ce à quoi les chiffres de la baisse de population doivent nous amener à réfléchir, si ce n’est pas maitrisé c’est aussi la difficulté pour les revenus moyens de continuer à habiter à Villejuif quand la famille s’agrandit par exemple, ou de s’installer pour de jeunes couples. En 2016, ceux qui sont partis ont été plus nombreux que ceux qui sont arrivés. Sont-ils partis volontairement, ou bien ont-ils été repoussés plus loin de Paris par la hausse des prix des logements et des loyers ?

Ce que nous proposons, à Réinventons Villejuif, c’est que les citoyens de notre ville reprennent la main sur son développement. Aujourd’hui, où sont les lieux où l’on peut débattre de l’ensemble des projets qui vont transformer notre ville comme jamais depuis un siècle ? Pas le conseil municipal, le maire a décidé de ne plus y présenter les permis de construire. Pas dans les réunions publiques, elles sont éparpillées façon puzzle. Il y a bien enfin une maison des projets pour la rénovation urbaine dans les quartiers sud : sa création est la stricte application de la loi, mais les horaires la rendent inaccessible à ceux qui travaillent.

Je propose la création d’une maison des projets pour l’ensemble de Villejuif, ouverte aux horaires qui permettent de toucher la population, y compris en soirée pour des débats avec des urbanistes, des architectes, des promoteurs… Et qu’on ne vienne pas dire que ça coute cher : je suis sûr que, comme ça se fait ailleurs, des permanences pourraient être assurées par des étudiants en architecture, en sociologie urbaine, que des maquettes numériques pourraient être faites par les étudiants en école d’informatique, que des bénévoles pourraient se mobiliser. Quant aux locaux, ne trouvez-vous pas qu’il y a trop de pieds d’immeubles vacants depuis trop longtemps en plein cœur de ville ?

Ce que nous voulons aussi mettre en débat, c’est le rôle de la ville dans la maitrise des différents types d’habitat. Aujourd’hui, le déséquilibre est devenu trop grand en faveur du logement privé, dont les prix s’envolent. Or une ville, même quand elle fait partie d’un ensemble plus vaste, peut être maitresse des équilibres et des rythmes. Elle peut œuvrer pour développer du locatif à loyer intermédiaire entre le logement social et le marché, elle peut encourager l’accession sociale à la propriété. Elle peut surtout développer un habitat à loyer modéré (c’est ce que signifie HLM !) dans toute sa diversité urbaine (petits immeubles bien insérés) et sociale. Le logement HLM s’adresse potentiellement à une grande majorité de ménages, et pas seulement les plus modestes : vous avez droit à un logement HLM jusqu’à 2 Smic si vous êtes célibataire, 3,5 Smic un jeune couple sans enfants, 4,5 Smic un couple avec deux enfants. Nous proposons de lancer un débat sur les équilibres que nous voulons entre différentes catégories de logements pour engager avec nos voisins une révision du plan d’urbanisme (PLU) et du programme d’habitat (PLH).

Enfin, nous demandons également un vrai débat sur l’avenir de notre office HLM. Il doit se moderniser, c’est sûr, et pour cela se regrouper. Mais, alors que les HLM de Villejuif appartiennent déjà pour deux tiers à des sociétés HLM privées qui n’ont pas leur siège à Villejuif, les citoyens de Villejuif ne doivent pas perdre la main sur ce qui est leur patrimoine commun.

Equilibre et maitrise par les citoyens : on en revient toujours là.

Alain Weber