Pyramide de Cassini

Situé au 157 bis, rue de Paris 94800 Villejuif

Oubliée par le temps, dissimulée, et bien gardée, dans une propriété privée, à quelques pas de la bruyante RD7, se cache secrètement, derrière un haut mur et de grands arbres, un monument appartenant aux grandes découvertes du XVIIe siècle, par l’académie des sciences chargée de la mesure du fameux méridien de Paris : une mire géodésique dite la pyramide de Cassini.

Elevée sur ses 105 mètres d’altitude, sur un carré de gazon vert, entourée de quelques arbres fruitiers (un cerisier, un prunier), quelques plantes et fleurs, se dresse un décor, une carte postale, un petit coin de paradis, particulièrement au printemps.

Un endroit bien insolite, pour y accéder, on trouve un portillon noir, dont les clefs sont précieusement confiées à une habitante, résidant un appartement au rez-de-chaussée, sur le trottoir d’en face. Elle s’occupe d’ouvrir ce portillon le matin au lever du soleil, et de le fermer le soir, au coucher du soleil.

Des escaliers en pente bien raide, un passage étroit, fermé par une petite cloison de fortune, interdisant l’accès, et un vieux saint Bernard, paraissant bien calme, et gentil comme tout, à son poste, montant la garde, et sur cette cloison, un écriteau « chien méchant », qui bien entendu nous dissuade de s’aventurer sur le terrain privé. Pour ces raisons, lors de notre première visite nous n’avons pas pu approcher la mire de plus prés, et avons donc pris les photos de loin. Mais par chance, lors d’une seconde visite, la gardienne des lieux était présente, et a permis à l’équipe Réinventons Villejuif d’y entrer, quel extraordinaire moment de partage avec cette gentille dame, nous avons marqué ce moment par une photo souvenir.

Photo d’une partie de l’équipe Réinventons Villejuif Au milieu de l’équipe, l’attachante gardienne

Dans la propriété, nous avons remarqué une surprenante cabane, faite de bric et de broc, un modeste abri. Cette dame nous témoigne de l’histoire de Monsieur Jean, âgé de 82 ans, y vit depuis une quarantaine d’années. Malheureusement, absent, nous n’avons pas eu l’occasion de le rencontrer.

Il entretien ce lieu, défriche, y plante des fleurs, aussi, il y cultive des légumes, de belles tomates. Quand il est présent, il accueille avec plaisir les visiteurs, venant découvrir cet étrange endroit dont on ne soupçonnerait pas l’existence. Depuis le temps, il en est devenu le gardien. Probablement sans sa présence, ce lieu serait abandonné.

Depuis quelques temps, la gardienne, si généreuse, pleine d’empathie, s’occupe de ce monsieur, très fatigué, en l’accueillant chez elle, lui préparent des repas chauds.

À savoir, le terrain et la mire appartiennent à la commune de Villejuif, qui autorise ce monsieur à y être installé.

Photo prise en hiver

Qu’est ce qu’un point géodésique ?

La géodésie, c’est la science, qui à l’origine permettait de tracer des cartes, puis la forme de la terre. Et le point, c’est une position sur la terre, un point précis qui permet le calcul de trajectoire, le traçage de carte. Ce point peut être matérialisé par un élément visible, telles que : une croix, une flèche, une antenne sur un bâtiment, ou bien une borne au sol, dite une borne géodésique, surmontée ou non par une mire (une planche verticale), qui permet de la rendre visible de loin. Autrefois cette borne servait à déterminer des coordonnées par la triangulation.  En géométrie et trigonométrie, la triangulation est une technique qui permet de déterminer la position d’un point en mesurant ce point et d’autres points de référence, en connaissant un angle et la longueur d’un côté.

Premiers calculs du point géodésique

Tout d’abord, les travaux de calcul du point géodésique, ont commencé par l’Abbé Jean Picard (1620-1682), considéré comme le fondateur de la géodésie moderne. Le calcul commença vers le nord, que poursuivirent, Père et fils Cassini, vers le sud, de 1683 à 1702, cette opération a permis également de vérifier l’hypothèse d’Isaac Newton (1642-1727), sur l’aplatissement de la terre. EN 1668, l’Abbé commença une grande opération géodésique afin de déterminer le rayon terrestre par la mesure d’un arc du méridien, dont il a écrit dans son ouvrage Mesure de la terre : « On a jugé que l’espace contenu entre Sourdon en Picardie et Malvoisine dans les confins de Gâtinais, et du Hurepoix,…, était favorable, …, et on avait su par plusieurs courses faites exprès, qu’ils pouvaient être liés par des triangles ».

Il conçut lui-même ses instruments de mesure et d’observation.

C’est à Villejuif, ainsi qu’à Dunkerque et Leucate, que furent mesurer les trois premiers triangles, qui permirent de calculer : la longueur d’un arc, et d’un degré du méridien de Paris.

Une chaîne de triangles, à peu prés parallèle au méridien, fut déterminée dans l’espace, aux moyens de grandes règles métalliques pour mesurer les trois bases, ainsi que des repères matériels, situés sur le terrain, tels que des clochers, tours de châteaux, arbres, maisons isolées, … constituant trois sommets des triangles. Les mesures furent prises, et reportées sur une carte.

Pourquoi Pyramide de Cassini ?

Après le décès de l’Abbé :

En 1683, tous deux scientifiques, Père et Fils Cassini, mesurèrent le point du méridien de Paris, en continuant les travaux effectués par l’Abbé.

Le père, Jean Dominique Cassini, né sous le nom de Giovanni Dominenco, Cassini I, en 1625, à Perinaldo, commune Italienne, comté de Nice, était astronome et ingénieur.

En 1668, Jean Baptiste Colbert (1619-1683), secrétaire d’état de Louis XIV, proposa à J.D. Cassini, d’être membre de la nouvelle Académie, et par la suite de participer à la construction de l’Observatoire de Paris. Avant même que soit achevé l’Observatoire, il commença ses travaux d’observation et de recherche. Manifestant son désir de rester en France, il sollicita et obtint la nationalité française en 1673.

Il devint aveugle en 1710, et mourra en 1712, à l’âge de 87 ans.

D’ailleurs, on doit à cet observateur assidu et méticuleux, la découverte de quatre satellites de Saturne, ainsi que celle d’une rupture dans l’anneau de cette planète dite « la division de Cassini ». Il avait également établi une excellente carte de la surface lunaire.

Les Cassini, astronome de père en fils, dirigèrent l’Observatoire pendant plus d’un siècle.

Le fils, Jacques, Cassini II, (1677-1756), né paraît-il à l’observatoire de Paris, astronome, et cartésien de nature prit la position contre l’aplatissement de la terre prévu par Newton.

Il poursuivit les travaux de son père, avec son élève Nicolas Louis de La Caille, (1713-1762), astronome, et membre de l’Académie Royale des sciences, qui deviendra son confrère.

En 1741, l’Académie décida d’acheter le terrain, où se trouvait le fameux point géodésique, un terrain appartenant à un vigneron Cyr Clavier, Villejuivfois (Villejuif orthographié à l’époque Villejuivfe).

En 1742, Jacques Cassini et Nicolas Louis de La Caille, décidèrent donc d’édifier la mire dite de Cassini, à Villejuif, sur le point mesuré en 1683.

La pyramide de Cassini

Le monument, fait de calcaire et de pierre de taille, pointe sa flèche entre les arbres.

Il faut savoir qu’à l’époque, la carte du monde était imprécise, et à cette période, les travaux topographiques étaient en plein essor.

D’où l’importance de cette mire qui a permis d’établir le jalonnement du méridien. Et pour se faire, cet élément de repère est établi à Villejuif, et un autre à Juvisy sur Orge.

La pyramide de Cassini, de pair avec celle de Juvisy, permet de mesurer le méridien terrestre et sert de point de départ pour la cartographie de la France.

Et a également longtemps servi de référence aux géographes du monde entier.

Elle est par la suite remplacée par le méridien de Greenwich en 1884. Elle devient monument historique par arrêté le 29 octobre 1928.

Un monument méconnu des villejuifois, et encore moins des habitants du quartier.

Un devoir de mémoire, non seulement pour rendre hommage à ces chercheurs, mais aussi pour mettre en lumière Villejuif, notre ville, ayant reçu un héritage scientifique, historique et culturel, que nous devons continuer de préserver et de valoriser à sa juste hauteur.

Réinventons les transports à Villejuif

Avec trois stations de métro, plusieurs stations de tramway, et un réseau de bus important, Villejuif est au cœur de la Métropole du Grand Paris. L’arrivée prochaine de la ligne 14 et de la ligne 15 à l’horizon de 2024 / 2025 va profondément modifier nos habitudes et nos déplacements en Ile-de-France.

En attendant, le constat est alarmant.

La voiture reste et demeure un moyen de transport très utilisé à Villejuif pour se rendre à son travail ou effectuer ses déplacements quotidiens. Source de nuisances sonores et de pollutions, elle reste pour certains Villejuifois la seule alternative pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour effectuer des trajets courts. L’absence de véritable plan vélo combinée à la saturation de la ligne 7 impose de repenser nos moyens de transports afin d’encourager les transports non polluants et collectifs. 

Le terne bilan de Franck Le Bohellec : une pétition qui fait pchitt, le 131 qui se fait attendre

Vous vous souvenez peut-être, il y a un an et demi, de la pétition proposée par le Maire de Villejuif.

Pour rappel, il dénonçait ” une dégradation notoire des conditions de transports sur la ligne 7. Il demandait ainsi « la mobilisation de tous les Villejuifois pour exiger des réponses et des propositions concrètes. J’appelle l’ensemble des Villejuifois à signer cette pétition qui sera remise à la RATP et à Île-de-France Mobilités.”

Et depuis ? Rien. Il ne s’est rien passé. 

Pourtant, cette pétition avait permis de collecter, d’après le Maire, plus de 10 000 signatures. Pourtant, le maire est membre de la majorité de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile- de- France, qui est aussi présidente d’Ile- de- France Mobilités, ex STIF. Ile-de-France Mobilités est un établissement public placé sous la tutelle de la Région et pourtant, depuis son élection en 2015 au conseil régional d’Ile-de-France, la situation des transports à Villejuif s’est détériorée.

Au-delà de la démarche pétitionnaire qui pourrait s’avérer louable, c’est aussi le caractère cynique de la démarche qui interpelle. Franck Le Bohellec, conseiller régional de la majorité, proche de Valérie Pécresse, met en place une pétition qui n’aboutit à rien. Un coup d’épée dans l’eau à grand renfort de communication. 

Par ailleurs, dans le même temps, la ligne de bus 131 ainsi que la navette de remplacement continuent d’emprunter leurs itinéraires provisoires (à partir de combien de mois le provisoire peut-il être considéré comme permanent ?). Nous aurons l’occasion de vous reparler spécifiquement du sujet, tant il est complexe et génère actuellement des conséquences dramatiques sur les habitants des quartiers desservis par ce bus.

Que peut faire un maire : pas grand-chose et en même temps beaucoup. 

Il ne sert à rien de faire des propositions qui ne seront pas tenues. La ville n’a pas la responsabilité de l’organisation des transports publics. Elle a toutefois la possibilité d’aménager le territoire en fonction de ces réseaux. Aussi, l’arrivée prévue de 20 000 nouveaux habitants ne s’inscrit pas en cohérence avec le calendrier de lancement des nouvelles lignes de métro automatiques. Afin de limiter l’engorgement insupportable de la ligne 7, particulièrement aux heures de pointes, il aurait fallu densifier la ville de manière moins importante et moins vite que ce qui a été fait. 

Deuxième action qui a échoué : le levier de la négociation. En tout état de cause le maire a échoué dans cette entreprise. Il est pourtant plus que jamais nécessaire d’activer ce levier afin de prévoir des mesures d’urgence et de fond pour éviter la saturation de la ligne 7. 

Nos propositions : une méthode

Nous ne proposons pas de solutions clés en main étant donné que nous ne possédons pas les données d’Ile-de-France Mobilités sur le sujet. Mais plusieurs hypothèses peuvent être envisagées et seront successivement développées ci-dessous.

Notre proposition : la mise en place, avec le Kremlin-Bicêtre, d’une vaste consultation dès juin 2020, au lendemain des élections, pour permettre un dialogue entre Ile-de-France Mobilités et les premiers touchés par la saturation de la ligne 7. 

De ce dialogue devra émerger une liste de propositions, budgétisées et qui seront soumises au vote des Villejuifois et des Kremlinois.  

Dans un premier temps, il est fondamental de mettre au meilleur niveau technologique notre ligne de métro.

Saviez-vous que notre métro est équipé d’une technologie informatique datant de 40 ans alors que 9 lignes de métro bénéficient de la technologie la plus à la pointe ? Cette dernière permettrait de faire passer des métros toutes les 90 secondes au lieu des 105-115 secondes actuelles. Cela paraît peu, pourtant cela permettrait d’augmenter de presque 20% le nombre de métros en circulation aux heures de pointe ! 

Dans la même veine, ayons la force de demander que les nouvelles rames de métro (MF19), plus puissantes que les actuelles – qui ont plus de 40 ans là aussi ! -, soient livrées en priorité sur notre ligne. Saviez-vous que les premières rames de MF19 seront livrées dès 2024 mais que la ligne 7 n’en sera pourvue qu’à partir de 2029, c’est-à-dire qu’elle sera la dernière des 16 lignes de métro à avoir des rames neuves et plus performantes ? Cela permettrait pourtant d’augmenter là également le flux de métros.

Enfin, exigeons de la RATP qu’elle rende facilement disponible les données de flux de personnes aux heures de pointe  et adaptons le trafic des branches Villejuif et Ivry en conséquence. Saviez-vous que Villejuif Louis Aragon comptait en 2018 7,5 millions d’usagers annuels, ce qui la place dans le Top 10 (sur près de 250) des stations de métro monolignes les plus engorgées ? Saviez-vous que la branche Villejuif compte 17 millions d’usagers annuels contre 12 millions côté Ivry ? Ne faudrait-il pas adapter le trafic des deux branches en conséquence ?

À plus long terme : étudier la possibilité d’un BHNS pour soulager la Ligne 7

Sur un temps plus long, nous demanderons un rapport d’opportunité sur une mise en place d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) – aussi nommé busway ou transbus – de la gare Louis Aragon à la porte d’Italie.

En dehors du fait qu’elle soit éminemment plus rapide à construire et bien moins coûteuse qu’un tramway (1km de voie de BHNS coûte entre 5 et 8 millions d’euros contre 20 millions pour le tramway), cette solution de transport pourrait permettre, via une voie dédiée, une motorisation respectueuse de l’environnement, et une grande amplitude de service, de soulager le tronçon Villejuif Louis Aragon – Maison Blanche en proposant par ailleurs une solution de transport entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.