A la recherche d’une politique jeunesse digne de ce nom

La politique de jeunesse de la municipalité actuelle participe plus d’une politique d’offre de loisirs médiatisée qui n’irrigue pas le terrain, les quartiers, que d’une politique d’accompagnement des jeunes à leur insertion sociale, citoyenne, professionnelle et de prévention contre les dérives qu’ils peuvent rencontrer dans leur parcours.

On ne constate plus de présence dans les quartiers, c’est une politique jeunesse de « centre-ville » qui est mise en œuvre aujourd’hui. Il n’y a pas d’appropriation possible par les jeunes des quartiers, ils ne sont pas bénéficiaires ni associés.

Les structures ouvertes qui accueillaient les jeunes ont fermé les unes après les autres, or ce sont des lieux de rencontre pour l’accompagnement des jeunes et également des antennes capteurs en matière de prévention de la délinquance notamment.

On constate qu’il y a peu de consultation, pas de citoyenneté active, que les instances paritaires sont peu actives et peu efficientes. En effet, les réunions de l’ensemble des acteurs (éducatif, associatif, police…) dans les quartiers pour maintenir le lien social, assurer une forme de prévention ne se tiennent plus, or la mobilisation de tous les acteurs est nécessaire.

Il faut accompagner les jeunes dans leurs projets en impliquant les parents, les bénévoles, via du tutorat par exemple. Il faut également les inciter à s’engager de manière citoyenne au service de la cité, de la solidarité collective.

Pour Réinventons Villejuif, il faut décloisonner les logiques d’action et agir sur tous les terrains concomitamment : éducatif, social, culturel, sportif… 

RéV

Laïcité et vivre ensemble : les responsabilités d’un maire.

Attentat à la mosquée de Bayonne, profanation de la mosquée de Bergerac, agression d’une femme voilée par un élu du Rassemblement national, libération d’une parole haineuse dans certains médias…Une fois passée l’émotion légitime, quelles peuvent être les réponses politiques à ce climat délétère, et pour, tout dire, profondément inquiétant ? Et, plus précisément, puisque nous sommes en campagne pour les élections municipales, quelles sont les réponses qu’un maire peut apporter ?

D’abord : tout faire pour éviter que ce climat nauséabond ne s’installe dans notre cité.
Villejuif est une ville ouverte sur le monde, riche de sa diversité… Et doit le rester. Face à un tel climat de tension, le premier magistrat d’une ville ne peut rester silencieux. L’onde de choc générée par l’attaque à la mosquée de Bayonne a été considérable dans notre ville, comme dans le pays tout entier : il aurait par exemple été judicieux d’organiser un rassemblement devant la Mairie, notre Mairie – nous l’avons bien fait pour la mort de personnalités telles que Johnny Halliday – pour marquer à la fois notre indignation, et notre solidarité envers les victimes de cet attentat à Bayonne, qui aurait pu être bien plus dramatique encore.

J’ai été interpellé par plusieurs Villejuifois de confession musulmane, inquiets devant un montée de manifestations d’hostilité (certains m’ont parlé d’insultes, parfois même de crachats ou de menaces physiques !). La responsabilité d’un maire est donc de sensibiliser, et surtout d’alerter sur les risques que d’aucuns font peser sur la paix civile en stigmatisant, à dessein, certains de nos concitoyens sur le seul critère de leur religion ou de leur origine. J’aurais aimé que notre maire transmettre plus de signes en ce sens…  En ces temps troubles, les symboles ont leur importance.

Ensuite : un maire doit réaffirmer la loi et la faire respecter dans les contraintes qu’elle impose et dans les libertés qu’elle autorise. Il doit faire respecter l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public villejuifois, comme garantir avec la même fermeté aux femmes musulmanes son soutien dans l’exercice de leurs libertés dans l’espace public villejuifois. J’en suis convaincu, compte-tenu de la complexité et de la sensibilité de ces débats, seul le respect de la loi peut nous permettre de dépasser nos appartenances culturelles ou cultuelles distinctes et de mettre le vivre ensemble au cœur de nos aspirations.

N’instrumentalisons pas la laïcité

Ne l’oublions jamais : la laïcité telle que définie dans la loi de 1905 est un compromis, garantissant dans son article 1er  sans la moindre ambigüité « la liberté de conscience » et «le libre exercice des cultes ».

Que ces notions signifient-elles ? Cela signifie que chacun, quelle que soient ses croyances, qu’il soit athée, agnostique, chrétien, musulman, juif, bouddhiste est libre de croire ou de ne pas croire et d’exercer son culte.

Dévoyer la laïcité pour en faire une arme antimusulman est donc une imposture historique. C’est la raison pour laquelle j’ai été extrêmement choqué par les injonctions – venues de l’extrême droite, mais pas seulement ! – visant à interdire les signes religieux pour les personnes accompagnant les sorties scolaires.

Un tel débat n’a pas de sens : la loi est à ce titre très claire et doit être respectée strictement. La loi de 1905 exige la neutralité des agents du service public et non la neutralité des usagers du service. Cela implique donc de vérifier si une femme portant le voile peut être considérée comme un agent du service public. Or, ce n’est aucunement le cas. Le Conseil d’Etat a d’ailleurs rendu en 2003 une étude extrêmement claire à ce sujet.[1]

Je suis d’ailleurs tout autant révulsé par le fait qu’une sœur catholique se soit vue refuser une place en maison de retraite à cause de son voile.

Le port du voile, quel que soit son avis, est du domaine de l’intime et non de l’Etat.

C’est également la raison pour laquelle j’ai été gêné par certains mots d’ordre présentant les lois laïques en vigueur comme « liberticides ». Je ne considère absolument pas que des lois consacrant la neutralité religieuse à l’école ou encore interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public soient liberticides, même si je peux concevoir qu’un tel débat puisse avoir lieu.

Je refuse que la laïcité soit utilisée stratégiquement par des organismes religieux confondant sciemment racisme avec la remise en cause de notre laïcité.

En fait, je pense que l’édifice constitué par les lois actuelles est fragile, mais qu’il est le meilleur garant de l’équilibre pour tous les citoyens. Il garantit la liberté de tous les cultes, ainsi que celle de ne pas croire : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » (article 1er de la loi de 1905).

Cet édifice législatif permet aux communes, « dans le respect du principe de neutralité à l’égard des cultes et du principe d’égalité », de louer un terrain à un loyer symbolique à une association cultuelle pour qu’elle construise un lieu de culte. Car, exercer son culte ne peut se faire dans la rue ou caché au fond des caves.

Permettre à chacun d’avoir un lieu pour prier, c’est faire esprit de concorde. C’est permettre à chacun le respect de ses croyances et donc de sa dignité. Tout comme les associations doivent avoir des locaux pour se réunir, des fidèles doivent pouvoir prier dans des locaux adaptés et à l’abri des prêcheurs de haine.

Enfin, il ne faut pas oublier que notre République a inscrit au fronton de nos maires et de nos écoles la fraternité. Comme une exigence unissant tout citoyen à un devoir de dialogue et d’entraide.

ALAIN WEBER.


[1] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_avis_20130909_laicite.pdf

Faire du sport un levier central de cohésion sociale pour la ville

En matière de sport, ce qui est affiché de manière communicante sur le site de la ville semble dithyrambique : une offre d’activités riche, des manifestations sportives nombreuses, de nouveaux équipement en construction, … mais ne semble pas refléter la réalité de la situation à Villejuif.

Le fait est que cette municipalité soutient plus le sport d’élite, au détriment du « sport pour tous ». Les jeunes « champions » sont des modèles, des « locomotives » pour l’ensemble des jeunes qui peuvent se projeter et être tirés vers le haut. Néanmoins, cet accent mis sur le sport d’élite ne doit pas circonscrire l’action d’une municipalité dans le domaine, le sport doit être accessible à tous et en particulier aux jeune, aux anciens, aux malades…

Le sport doit être pensé comme un facteur de cohésion sociale pour la ville, le sport fait société.  

#RéV

A l’heure où la pratique libre explose et que les salles de sport privées ouvrent partout pour répondre au besoin des « consommateurs », on constate une perte de la qualité de la pratique non encadrée et de la cohésion sociale. Le sport peut avoir un rôle fondamental dans le cadre de pratiques éducatives, en faveur de l’émancipation, de la vie collective, du dépassement de soi des jeunes. Or, la municipalité n’a pas d’ambition éducative par le sport. La politique associative sportive doit être soutenue.

La collectivité devrait être un moteur pour le développement du sport à tous les niveaux sur le temps périscolaire, pour le développement du multisport pour les jeunes dans les quartiers notamment, pour le développement du sport santé, mais aujourd’hui rien n’est fait de manière cohérente avec les éducateurs des clubs.

Pour Réinventons Villejuif, un état des lieux est nécessaire, il faudra revivifier le tissu bénévole dans les clubs et associations et penser le sport dans toutes ses dimensions au bénéfice de la collectivité.

Municipales à Villejuif : pour une convergence des idées.

Le premier tour de l’élection municipale est prévu le 15 mars prochain. 

Les raisons sont nombreuses pour ne pas renouveler l’équipe municipale sortante : prix des logements qui s’envolent, urbanisme non maitrisé, inaction face aux enjeux écologiques, vie associative et culturelle en berne, atteintes incessantes au droit d’expression qui menacent la sérénité de la vie citoyenne, …

Pour préparer cette échéance, les forces politiques se cherchent. En février, le PS m’a désigné comme son chef de file. Des militants prennent l’initiative de créer une association, Réinventons Villejuif, destinée à ouvrir un dialogue plus large avec les Villejuifois. En neuf mois, de nombreuses idées ont été apportées dans les domaines du logement, de l’écologie, de la petite enfance, de la scolarité, …

Au même moment, sept personnalités de gauche – dont Dominique Girard, conseiller municipal PS – appellent à une réflexion programmatique commune, qui s’est traduite par une réunion, deux ateliers sur cinq thèmes importants pour l’avenir de Villejuif et, récemment, une réunion de restitution. 

Cette démarche souffre cependant de deux défauts. La première tient à la composition même des signataires : toutes les forces de progrès n’y sont pas représentées. La seconde tient à l’ambigüité même de l’appel : s’agit-il d’une démarche programmatique, permettant de débattre de l’importance des problèmes et d’amorcer des solutions communes, ou s’agit-il de constituer une liste unique ?

Pour nous, la démarche programmatique est un préalable. C’est pourquoi nous appelons toutes les forces de progrès à être parties prenantes de cette réflexion commune. Déjà, à notre initiative, les partis de gauche et écologistes se sont rencontrés. Mais les discussions ne doivent pas se limiter aux seuls partis : la participation de citoyens et de représentants d’associations est indispensable. 

L’objectif est d’identifier les principaux points de convergence, mais aussi les différences voire les divergences, pour proposer des actions développant des perspectives nouvelles.

Dans le meilleur des cas, cette réflexion commune permettrala constitution d’une liste progressiste unique au premier tour. C’est cette solution que soutient prioritairement Réinventons Villejuif. 

Cela suppose cependant que soit réglée l’épineuse question de la tête de liste. Nous sommes favorables à un processus transparent et démocratique de désignation, car aucun chef de file ne s’impose à l’évidence, compte tenu des bouleversements du paysage politique local et national au cours de la période récente. 

Si l’union de toutes les forces progressistes n’était pas possible au premier tour, chacun voulant se compter, alors,nous aussi, nous proposerons nos idées aux Villejuifois. 

Les discussions préalables n’auront pas été inutiles : elles serviront de bases à une majorité solide, à l’inverse de la coalition hétéroclite victorieuse en 2014, qui a rapidement éclaté et se déchire publiquement aujourd’hui. 

Construisons ensemble une ville pour tous, plus écologique, solidaire et démocratique.

Rejoignez-nous !

Alain Weber