Enfin écouter et agir pour les usagers du bus 131

Certains membres de la liste Réinventons Villejuif ont été reçus le 6 février dernier par le collectif des Usagers de la ligne de bus 131. Ses représentants ont pu nous expliquer la situation catastrophique qu’ils vivent depuis la découverte du risque d’affaissement de la chaussée qui empêche ce bus, très fréquenté, de pouvoir circuler normalement.

1 / Chronologie des événements :

Depuis le 29 août 2018, le 131 n’emprunte plus son itinéraire habituel. Aucune communication n’a alors été diffusée pour informer des raisons de cette déviation. Le collectif apprendra qu’un arrêté anti-poids lourds a finalement été publié par le Maire pour des questions de sécurité. Cet arrêté n’est, dans les faits, pas respecté.

La mise en place rapide d’un collectif des Usagers du 131 fut décidée dans l’objectif de clarifier la situation. Des demandes d’information ont été exigées sous différentes formes (lettres, rencontres…) aux autorités compétentes avec des retours partiels ou nuls.

Il faudra attendre presque deux mois pour connaître les causes de la déviation : risque d’affaissement de la chaussée au niveau du « G20 » qui se situe boulevard Chastenet de Géry. Des sondages sont nécessaires pour mieux appréhender la situation.

Une pétition fut alors lancée et a permis de recueillir plus de 1 400 signataires sur les communes de Villejuif et du Kremlin-Bicêtre.

Le 13 novembre 2018, une réunion fut organisée à l’initiative des conseillers départementaux de Villejuif et du Kremlin-Bicêtre. Elle réunit alors des représentants d’Ile-de-France Mobilités, de la RATP, des commerçants ainsi que des usagers du 131, afin de clarifier la situation de la ligne du 131. Les usagers proposèrent d’être associés à la réflexion visant à mettre en place d’une nouvelle déviation répondant le plus justement possible aux besoins des usagers. Des propositions écrites furent rapidement envoyées à la RATP, des solutions ayant d’ores et déjà été évoquées en amont. Ces propositions, en lien avec les différents partenaires, devaient être rapidement étudiées afin d’évaluer leur faisabilité technique.

Le 27 novembre 2018, les Maires de Villejuif et du Kremlin-Bicêtre acceptèrent à l’issue de cette réunion de recevoir les usagers du 131 avec les mêmes acteurs (sans le département). Les services techniques y expliquèrent que le risque d’effondrement de la chaussée était une conséquence de la présence des carrières en sous-sol. Les usagers présentèrent leurs propositions de changement d’itinéraire provisoire. La solution « petites rues » semblait avoir la préférence des acteurs malgré les travaux nécessaires. La solution « RD7 » posait en effet des problèmes en raison de la circulation déjà importante de bus et de poids lourds. Aucune des deux propositions des usagers du 131 ne sera finalement retenue, sans que les Usagers du 131 ne puissent en connaitre les raisons.

A la fin du premier trimestre 2019, une navette de remplacement fut mise en place. Elle circule sur le boulevard Chastenet de Géry jusqu’à l’arrêt « Coquettes » puis fait demi-tour en réempruntant l’avenue Charles Gide puis l’avenue Salvador Allende pour rejoindre l’arrêt Ambroise Croizat. Sa fréquence, malgré une récente amélioration (toutes les 15 minutes aux heures de pointe, 30 minutes sinon), demeure trop faible et les embouteillages en heure de pointe sur l’avenue du Président Allende augmentent considérablement les temps de trajet, ce qui explique qu’elle soit peu utilisée par les usagers du 131. Cette navette ne répond donc que très partiellement aux besoins des usagers du 131.

L’automne 2019, les travaux de réfection de la chaussée du boulevard Chastenet de Géry furent estimés entre 5 et 7 millions d’euros.

2 / Conséquences pour les habitants utilisant le 131

C’est la vie de tout un quartier qui se trouve modifiée. Les quartiers impactés représentent pour une grande part les quartiers les prioritaires de la politique de la ville, compte tenu de leur éloignement du métro. Les habitants souffrent, en moyenne, de temps de transports importants. Une bonne circulation du 131 est donc absolument nécessaire.

Outre l’allongement des temps de transports, la topologie des quartiers (40 mètres de hauteur sur moins d’1 kilomètre) rend très difficile, voire impossible, le déplacement des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite. Ceci est d’autant plus vrai que la navette Valouette 1 a également été supprimée en septembre 2019. Il est nécessaire de marcher 700 m depuis les Esselières pour rejoindre l’arrêt « Institut Gustave Roussy » afin de se rendre dans les quartiers sud de Villejuif.

De nombreux établissements particulièrement névralgiques sont implantés dans le quartier (le Centre de Formation Professionnelle pour Malvoyants Paul et Liliane Guinot, l’Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés du Val-de-Marne, l’Institut Médico-Educatif, le CAT ainsi que le Lycée Darius Milhaud dont 70% des lycéens sont villejuifois). L’absence de solution viable entraîne donc une rupture majeure dans le quotidien de nombreux habitants, quel que soit leur âge. Enfin, les commerces souffrent aussi fortement de la situation : baisse importante du chiffre d’affaires entraînant pour certains un risque de fermeture définitive.

Le temps de conduite des sondages et d’évaluation du coût des travaux ont été beaucoup trop longs (plus de 18 mois). Cette lenteur a conforté les usagers que leurs quartiers étaient délaissés par les politiques publiques. En l’absence de la communication de base que mérite tout citoyen privé de son moyen de transport, la situation a conduit à privilégier une solution non satisfaisante qui ne résout aucunement le problème initial.

Au total, le 131 aura perdu 120 000 usagers annuels.

3/ Propositions :

A la suite des enseignements tirés de ses discussions avec le collectif des Usagers du 131, Réinventons Villejuif prend, au nom de la future municipalité, 4 engagements tangibles pour résoudre cette situation qui ne doit décemment plus s’éterniser :

  • Le collectif des Usagers du 131 devra être systématiquement associé par la municipalité aux réunions de concertation qui auront lieu avec les différents acteurs : Ile-de-France Mobilités, le territoire Grand-Orly Seine Bièvre et la ville de Villejuif.
  • Le trajet temporaire du bus 131 devra être revu avec les usagers et les riverains car il ne répond que très partiellement aux besoins des usagers. En particulier, les deux scénarios centraux proposés par le collectif des usagers du 131 devront faire l’objet d’une étude sérieuse dont les résultats seront rendus publics. La fréquence de la navette de substitution doit être très sensiblement accrue aux heures de pointe pour représenter une véritable offre de transport.
  • L’urgence liée au financement des travaux doit mobiliser tous les échelons administratifs (région, territoire, fonds de solidarité du préfet) pour que ces travaux du boulevard Chastenet de Géry puissent démarrer dans les plus brefs délais. Il faut travailler de manière étroite et raisonnée avec les différentes structures intercommunales pour trouver une solution crédible, en coordination avec les usagers.
  • La police municipale devra être mobilisée pour verbaliser les poids lourds qui ne respectent pas l’interdiction de circuler, dans l’objectif de préserver la chaussée et d’éviter que le coût des travaux n’augmente encore.

Réinventons les transports à Villejuif

Avec trois stations de métro, plusieurs stations de tramway, et un réseau de bus important, Villejuif est au cœur de la Métropole du Grand Paris. L’arrivée prochaine de la ligne 14 et de la ligne 15 à l’horizon de 2024 / 2025 va profondément modifier nos habitudes et nos déplacements en Ile-de-France.

En attendant, le constat est alarmant.

La voiture reste et demeure un moyen de transport très utilisé à Villejuif pour se rendre à son travail ou effectuer ses déplacements quotidiens. Source de nuisances sonores et de pollutions, elle reste pour certains Villejuifois la seule alternative pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour effectuer des trajets courts. L’absence de véritable plan vélo combinée à la saturation de la ligne 7 impose de repenser nos moyens de transports afin d’encourager les transports non polluants et collectifs. 

Le terne bilan de Franck Le Bohellec : une pétition qui fait pchitt, le 131 qui se fait attendre

Vous vous souvenez peut-être, il y a un an et demi, de la pétition proposée par le Maire de Villejuif.

Pour rappel, il dénonçait ” une dégradation notoire des conditions de transports sur la ligne 7. Il demandait ainsi « la mobilisation de tous les Villejuifois pour exiger des réponses et des propositions concrètes. J’appelle l’ensemble des Villejuifois à signer cette pétition qui sera remise à la RATP et à Île-de-France Mobilités.”

Et depuis ? Rien. Il ne s’est rien passé. 

Pourtant, cette pétition avait permis de collecter, d’après le Maire, plus de 10 000 signatures. Pourtant, le maire est membre de la majorité de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile- de- France, qui est aussi présidente d’Ile- de- France Mobilités, ex STIF. Ile-de-France Mobilités est un établissement public placé sous la tutelle de la Région et pourtant, depuis son élection en 2015 au conseil régional d’Ile-de-France, la situation des transports à Villejuif s’est détériorée.

Au-delà de la démarche pétitionnaire qui pourrait s’avérer louable, c’est aussi le caractère cynique de la démarche qui interpelle. Franck Le Bohellec, conseiller régional de la majorité, proche de Valérie Pécresse, met en place une pétition qui n’aboutit à rien. Un coup d’épée dans l’eau à grand renfort de communication. 

Par ailleurs, dans le même temps, la ligne de bus 131 ainsi que la navette de remplacement continuent d’emprunter leurs itinéraires provisoires (à partir de combien de mois le provisoire peut-il être considéré comme permanent ?). Nous aurons l’occasion de vous reparler spécifiquement du sujet, tant il est complexe et génère actuellement des conséquences dramatiques sur les habitants des quartiers desservis par ce bus.

Que peut faire un maire : pas grand-chose et en même temps beaucoup. 

Il ne sert à rien de faire des propositions qui ne seront pas tenues. La ville n’a pas la responsabilité de l’organisation des transports publics. Elle a toutefois la possibilité d’aménager le territoire en fonction de ces réseaux. Aussi, l’arrivée prévue de 20 000 nouveaux habitants ne s’inscrit pas en cohérence avec le calendrier de lancement des nouvelles lignes de métro automatiques. Afin de limiter l’engorgement insupportable de la ligne 7, particulièrement aux heures de pointes, il aurait fallu densifier la ville de manière moins importante et moins vite que ce qui a été fait. 

Deuxième action qui a échoué : le levier de la négociation. En tout état de cause le maire a échoué dans cette entreprise. Il est pourtant plus que jamais nécessaire d’activer ce levier afin de prévoir des mesures d’urgence et de fond pour éviter la saturation de la ligne 7. 

Nos propositions : une méthode

Nous ne proposons pas de solutions clés en main étant donné que nous ne possédons pas les données d’Ile-de-France Mobilités sur le sujet. Mais plusieurs hypothèses peuvent être envisagées et seront successivement développées ci-dessous.

Notre proposition : la mise en place, avec le Kremlin-Bicêtre, d’une vaste consultation dès juin 2020, au lendemain des élections, pour permettre un dialogue entre Ile-de-France Mobilités et les premiers touchés par la saturation de la ligne 7. 

De ce dialogue devra émerger une liste de propositions, budgétisées et qui seront soumises au vote des Villejuifois et des Kremlinois.  

Dans un premier temps, il est fondamental de mettre au meilleur niveau technologique notre ligne de métro.

Saviez-vous que notre métro est équipé d’une technologie informatique datant de 40 ans alors que 9 lignes de métro bénéficient de la technologie la plus à la pointe ? Cette dernière permettrait de faire passer des métros toutes les 90 secondes au lieu des 105-115 secondes actuelles. Cela paraît peu, pourtant cela permettrait d’augmenter de presque 20% le nombre de métros en circulation aux heures de pointe ! 

Dans la même veine, ayons la force de demander que les nouvelles rames de métro (MF19), plus puissantes que les actuelles – qui ont plus de 40 ans là aussi ! -, soient livrées en priorité sur notre ligne. Saviez-vous que les premières rames de MF19 seront livrées dès 2024 mais que la ligne 7 n’en sera pourvue qu’à partir de 2029, c’est-à-dire qu’elle sera la dernière des 16 lignes de métro à avoir des rames neuves et plus performantes ? Cela permettrait pourtant d’augmenter là également le flux de métros.

Enfin, exigeons de la RATP qu’elle rende facilement disponible les données de flux de personnes aux heures de pointe  et adaptons le trafic des branches Villejuif et Ivry en conséquence. Saviez-vous que Villejuif Louis Aragon comptait en 2018 7,5 millions d’usagers annuels, ce qui la place dans le Top 10 (sur près de 250) des stations de métro monolignes les plus engorgées ? Saviez-vous que la branche Villejuif compte 17 millions d’usagers annuels contre 12 millions côté Ivry ? Ne faudrait-il pas adapter le trafic des deux branches en conséquence ?

À plus long terme : étudier la possibilité d’un BHNS pour soulager la Ligne 7

Sur un temps plus long, nous demanderons un rapport d’opportunité sur une mise en place d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) – aussi nommé busway ou transbus – de la gare Louis Aragon à la porte d’Italie.

En dehors du fait qu’elle soit éminemment plus rapide à construire et bien moins coûteuse qu’un tramway (1km de voie de BHNS coûte entre 5 et 8 millions d’euros contre 20 millions pour le tramway), cette solution de transport pourrait permettre, via une voie dédiée, une motorisation respectueuse de l’environnement, et une grande amplitude de service, de soulager le tronçon Villejuif Louis Aragon – Maison Blanche en proposant par ailleurs une solution de transport entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.